Les photos que vous n’aviez pas vues : épisode 7, lignes droites en Argentine

Dernier épisode argentin, entre Salta et Mendoza, à des altitudes plus communes. Épisode peuplé de nombreuses lignes droites, mais avec de très jolies surprises : la cuesta de Miranda et les parcs de Talampaya et d’Ischigualasto par exemple.

Un joyeux bonus pour finir :

2016-07-25 Que du bonheur !

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Les photos que vous n’aviez pas vues : épisode 6, le Nord-Ouest argentin

Après une petite pause (c’est long de traiter toutes ces photos !) direction l’Argentine, et plus précisément le Nord-Ouest argentin : de la frontière avec la Bolivie jusqu’à Salta.

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Bilan de notre visite du nord-ouest de l’Argentine

Pour commencer, les chiffres de notre traversée du nord-ouest de l’Argentine à vélo en famille :

  • 1835 km parcourus en vélo, en 147,5 h
  • Vitesse maximum (pour Guillaume et Hector) 75 km/h
  • Vitesse moyenne 12,4 km/h
  • Altitude maximum 4445m
  • Dénivelée ascendante 15050m
  • Dénivelée descendante 17735m
  • 48 jours, dont 21 bivouacs ou camping, 26 nuits en hôtels et 1 nuit chez quelqu’un
  • ~160 km parcourus en camioneta
  • 790 km parcourus en bus (de San Agustin del Valle Fertil à Santiago du Chili)
  • 3850 € dépensés, soit 80 € par jour (la vie quotidienne en Argentine est chère, et encore plus en prenant le bus…)

Ce qu’on n’a pas aimé :

  • le vent, trop souvent de face, et parfois très fort
  • les lignes droites interminables, surtout en combinaison avec le point précédent
  • la viande partout tout le temps : même dans les biscuits (et dans la lessive) il y a du gras de bœuf…

Nos coups de cœur :

  • les quebradas de Humahuaca et de Cafayate
  • le volcan Tuzgle
  • le site de Tastil, un dédale de ruines et de cactus
  • les parcs naturels de Talampaya et Ischigualasto
  • les glaces et les empanadas

Les animaux rencontrés :

  • Ouettes des Andes, perroquets, canards, poules, et plein d’autres oiseaux non identifiés (nous n’avons pas croisé de suris, mais leurs empreintes trahissaient leur présence près de nos lieux de bivouacs)
  • Renards des Andes (nombreux et très habitués à la présence de l’homme dans les parcs naturels), guanacos, mara (une sorte de gros lapin), lamas, alpagas, moutons, chèvres, vaches, chevaux (et leurs cavaliers), ânes et mules
  • Un serpent, malheureusement blessé par une voiture
  • Abeilles, mouches, et d’autres insectes, ainsi que des araignées

La végétation observée :

  • des cactus candélabres, appelés cardones
  • des arbustes épineux sans feuilles et à l’écorce verte (c’est elle qui fait la photosynthèse) : des brea
  • un buisson très parfumé utilise pour les asado : la lena
  • des arbustes avec un air de plante grasse : les retamo
  • tout plein de plantes grasses et cactus différents, et beaucoup trop de plantes à épines (les pneus de la carriole en gardent les traces) !

Nos repas :

  • des pâtes aux poivrons, des pâtes au thon et à la tomate, en bivouac
  • des salades à base de maïs et d’avocat pour les pique-niques, nous avons abandonné les tomates, après tout c’est l’hiver
  • des empanadas frits ou cuits au four (à base de bœuf ou de poulet, les empanadas végétariens sont extrêmement rares malheureusement)
  • des viennoiseries, des sablés souvent très bons, des alfajores
  • des glaces, beaucoup de glaces…

Bilan matériel

  • 4 crevaisons sur la carriole (2 de chaque côté)
  • 1 crevaison sur le vélo de Cassandre
  • 1 paire de pédale changée sur un grand vélo
  • gaines (et donc câbles) de dérailleurs changés sur les 2 grands vélos
  • les chaînes changées sur les 2 grands vélos
  • la tête d’un rayon de la carriole a cassé, mais comme il tenait encore, il a été changé tranquillement chez nous au retour

Bilan santé

  • RAS, et nous avons arrêté de filtrer l’eau en Argentine : l’eau du robinet est potable partout

Bilan de notre visite du nord-ouest de l’Argentine

Voici quelques chiffres de notre traversée à vélo en famille d’une petite moitié de l’Argentine :

  • 1835 km parcourus en vélo, en 147,5 h
  • Vitesse maximum (pour Guillaume et Hector) 75 km/h
  • Vitesse moyenne 12,4 km/h
  • Altitude maximum 4445m
  • Dénivelée ascendante 15050m
  • Dénivelée descendante 17735m
  • 48 jours, dont 21 bivouacs ou camping, 26 nuits en hôtels et 1 nuit chez quelqu’un
  • ~160 km parcourus en camioneta
  • 790 km parcourus en bus (de San Agustin del Valle Fertil à Santiago du Chili)
  • 3850 € dépensés, soit 80 € par jour (la vie quotidienne en Argentine est chère, et encore plus en prenant le bus…)

Ce qu’on n’a pas aimé :

  • le vent, trop souvent de face, et parfois très fort
  • les lignes droites interminables, surtout en combinaison avec le point précédent
  • la viande partout tout le temps : même dans les biscuits (et dans la lessive) il y a du gras de bœuf…

Nos coups de cœur :

  • les quebradas de Humahuaca et de Cafayate
  • le volcan Tuzgle
  • le site de Tastil, un dédale de ruines et de cactus
  • les parcs naturels de Talampaya et Ischigualasto
  • les glaces et les empanadas

Les animaux rencontrés :

  • Ouettes des Andes, perroquets, canards, poules, et plein d’autres oiseaux non identifiés (nous n’avons pas croisé de suris, mais leurs empreintes trahissaient leur présence près de nos lieux de bivouacs)
  • Renards des Andes (nombreux et très habitués à la présence de l’homme dans les parcs naturels), guanacos, mara (une sorte de gros lapin), lamas, alpagas, moutons, chèvres, vaches, chevaux (et leurs cavaliers), ânes et mules
  • Un serpent, malheureusement blessé par une voiture
  • Abeilles, mouches, et d’autres insectes, ainsi que des araignées

La végétation observée :

  • des cactus candélabres, appelés cardones
  • des arbustes épineux sans feuilles et à l’écorce verte (c’est elle qui fait la photosynthèse) : des brea
  • un buisson très parfumé utilise pour les asado : la lena
  • des arbustes avec un air de plante grasse : les retamo
  • tout plein de plantes grasses et cactus différents, et beaucoup trop de plantes à épines (les pneus de la carriole en gardent les traces) !

Nos repas :

  • des pâtes aux poivrons, des pâtes au thon et à la tomate, en bivouac
  • des salades à base de maïs et d’avocat pour les pique-niques, nous avons abandonné les tomates, après tout c’est l’hiver
  • des empanadas frits ou cuits au four (à base de bœuf ou de poulet, les empanadas végétariens sont extrêmement rares malheureusement)
  • des viennoiseries, des sablés souvent très bons, des alfajores
  • des glaces, beaucoup de glaces…

Bilan matériel

  • 4 crevaisons sur la carriole (2 de chaque côté)
  • 1 crevaison sur le vélo de Cassandre
  • 1 paire de pédale changée sur un grand vélo
  • gaines (et donc câbles) de dérailleurs changés sur les 2 grands vélos
  • les chaînes changées sur les 2 grands vélos
  • la tête d’un rayon de la carriole a cassé, mais comme il tenait encore, il a été changé tranquillement chez nous au retour

Bilan santé

  • RAS, et nous avons arrêté de filtrer l’eau en Argentine : l’eau du robinet est potable partout

De San Agustín del Valle Fértil à Santiago du Chili : bus, bus, bus et balades en ville

La partie cycliste de notre voyage a du plomb dans l’aile : afin d’avoir du temps pour déambuler dans les différentes villes que nous allons traverser pour rejoindre Santiago du Chili d’ici à notre vol retour fin août, nous avons décidé de remiser nos vélos dans des soutes de bus. La décision n’a pas été évidente à prendre, surtout faire une croix sur la dernière traversée des Andes et le passage au pied de l’Aconcagua… cependant, aussi haut et aussi au Sud, l’hiver est nettement moins clément (ambiance station de ski en hiver au tunnel à 3200 m d’altitude). Et puis changer un peu de rythme avant le retour, prendre un peu de “vacances” nous tentait bien.

San Juan, rien à voir, circulez

Nous parcourons donc les 220 km entre San Agustín del Valle Fértil et San Juan en bus, en 4h. La route présente de longue lignes droites encore, mais avec plus de végétation, et de jolis contreforts montagneux assez proches. À San Juan, nous perdons 45 min à essayer de prendre nos billets pour le lendemain pour Mendoza, mais entre les tarifs qui varient et l’impossibilité de savoir s’il est possible de mettre les vélos ou pas, nous décidons de remettre ça au dernier moment. Nous tournons ensuite dans la ville comme des âmes en peine pour trouver un hébergement : entre les auberges de jeunesse transformées en maison de retraite, celles qui ne répondent pas, et les hôtels complets (week-end du 15 août), nous atterrissons dans un hôtel à l’accueil très sympathique, mais vraiment miteux.

Nous errons ensuite à nouveau dans les rues pour trouver un restaurant : la très bonne pizzeria qu’on nous a conseillée n’ouvre qu’à 21h, et nous ne trouvons rien à plusieurs quadras à la ronde (enfin, au carré plutôt). Dans les larges rues faiblement éclairées, parsemées de platanes sans feuilles, et où tout est fermé, les gens errent comme des zombies, un peu comme nous en fait. Nous finirons dans la pizzeria précitée, qui est vraiment bonne.

Le lendemain nous parcourons le centre de San Juan : nous sommes dimanche, le week-end du 15 août, tout est fermé, la ville déserte. Le plan de la ville est quadrillé, les bâtiments bas et les rues larges à cause du risque sismique, et les rues sont bordées d’arbres, certainement pour tempérer la ville en été (il fait déjà chaud et humide en hiver). En plus des arbres dans les rues, il y a plusieurs places ombragées et avec une belle pelouse, comme assez souvent dans les villes argentines. Nous ne trouvons aucun charme à cette ville, même si elle ne paraît pas désagréable à vivre. Les plus beaux bâtiments que nous croisons sont ceux du club espagnol, et du club libanais (inutile de poser la question, nous ne savons pas ce que sont ces clubs).

Sur la place principale de San Juan

Après ce petit tour, cap sur la gare routière où nous attrapons le premier bus pour Mendoza, qui part immédiatement. En 5 min les billets sont achetés, et les vélos et les sacoches dans les soutes (sans supplément cette fois-ci) après accord du chauffeur. On aime beaucoup le nom de la compagnie de bus : “Del Sur y Media Agua”. 2h pour tard, nous voilà à Mendoza.

Mendoza : on aurait pu l’appeler San Martin

La gare étant plutôt déserte, nous ne cherchons même pas à prendre nos billets pour Santiago et partons vers le centre. Entre-temps, quelqu’un qui trouve ce qu’on fait formidable nous glisse quelques billets… pourtant nos habits sont propres aujourd’hui et nous a vons pris une douche hier 😕… Nous nous payerons des glaces avec 😋. Nous découvrirons d’ailleurs au hasard d’un retrait l’existence de billets de 500 $Ar : si on avait pu en avoir plus souvent plutôt que de se traîner des liasses de billets de 100 (~7€) !

Le graal pour s’alléger les poches

Les rues sont plutôt vides, les magasins fermés : c’est agréable car au vu du nombre de magasins, de l’organisation des rues et de la taille de la ville cela doit souvent être très animé ici ! Le petit jeu de chasse à l’hôtel recommence : hôtels sympas et auberges de jeunesse pleins, fermés pour travaux, qui n’acceptent pas les enfants, ou bien trop chers pour notre budget de cyclistes (quand on a l’habitude de dormir en tente, difficile de mettre cher juste pour avoir un vrai lit… et nous préférons garder cet argent pour de bons restos). Nous finissons par trouver un hôtel un peu défraîchi mais bien placé. Nous découvrirons d’ailleurs que cet hôtel aurait un très gros potentiel après une grosse réfection : il est bien conçu, avec de bons volumes et un chouette aménagement. Il y a même une piscine au sous-sol, dont nous profiterons. Il y eut même un sauna, mais en panne faute d’entretien sérieux…

C’est dur de laisser les vélos au garage…

Nous sommes ébahis par le très grand nombre d’hôtels, boutiques et restaurants (surtout parrillada et fast-food) dans le centre de Mendoza : c’est un centre commercial à ciel ouvert. Comme à San Juan les rues sont très larges et ombragées, avec une multitude de places. Les bâtiments sont par contre plus hauts et l’architecture plus intéressante.

Basilique San Francisco

Place San Martin

Passage San Martín

Place España

Jeux…

… et peinture sur les places

Des canaux d’irrigation parcourent la ville

Des pistes cyclables !

Après une première journée consacrée à une petite balade dans la ville et à une bonne sieste, suivie d’un très bon restaurant, nous reprenons les vélos (quand même) le lendemain pour explorer les environs de la ville du côté de Maipú (petite promenade de 60 km 😁). Nous traversons des zones urbaines, des vergers en fleurs (ici, c’est déjà le printemps, ça n’a pas échappé aux sinus de Marie), des plantations d’oliviers, et des vignes.

Arbres fruitiers en fleur !

Au milieu des oliviers

Oliviers et vignes

Nous visitons une bodega qui produit de très bons vins : en plus d’avoir été accueillis avec un vin rouge léger et fruité, nos palais trouvent ici les vins que nous cherchions depuis le début en Argentine… Bref, la bodega Cecchin, c’est une bonne adresse 😉. Nous finissons notre balade par la visite d’une fabrique d’huile d’olive.

La ville grignote beaucoup les vignes de ce côté, et nous verrons en repartant de Mendoza que pour voir les paysages de carte postale il aurait mieux fallu aller vers Luján de Cuyo.

Pour notre dernier jour à Mendoza, nous pédalons encore un peu jusqu’au parc General San Martin et au cerro gloria, avec son monument à l’indépendance des Andes (celui des billets de 5$Ar), le 17 août, jour anniversaire de l’événement en question, et sa vue sur la ville.

Parc à la française

Le monument au sommet du cerro gloria

Dans le parc San Martin

Le lac du parc

L’après-midi, nous allons rendre visite aux serpents et araignées du serpentarium, dont les conditions de vie sont vraiment déplorables, ainsi qu’aux poissons et à la pauvre tortue de l’aquarium. Les enfants apprécient la visite, les parents un peu moins. Et nous finissons la soirée avec une glace, comme d’habitude (à l’argentine, en pot au poids) 😅.

Bus + vélos = stress

Le lendemain, nous partons confiants vers la gare routière, on nous avait conseillé deux jours auparavant de prendre nos billets au dernier moment pour choisir le bus le moins plein, avec le plus de place dans les soutes pour accueillir nos vélos.

Mais au moment d’acheter nos billets, plusieurs compagnies nous annoncent qu’il n’est absolument pas possible de voyager avec les vélos, ou alors démontés et en carton… On tente notre chance avec une autre compagnie, qui nous dit de demander au chauffeur… qui lui aussi refuse. Mais Guillaume ne se laisse pas démonter, il insiste et négocie avec le chauffeur et la personne qui charge les bagages dans le bus (qui a intérêt à ce qu’on embarque, vu le joli pourboire possible pour les vélos)… 10 min avant le départ, voyant que les 2/3 des soutes sont vides et qu’il reste pas mal de places dans le bus, nos vélos finissent par être chargés dans les soutes, et nous voilà en route pour le Chili, ouf ! Trop de stress, il n’est que 8h30 mais nous sommes épuisés !

Une si belle route

La route est magnifique, on traverse des vignobles avant de monter doucement dans des montagnes arides et colorées, puis de rejoindre les Andes enneigées.

Pour passer la frontière après le tunnel international, nous attendons notre tour dans le bus pendant plus d’une heure, dans un décor de station de ski (en fait il y a des stations de part et d’autre de la frontière). Les formalités de sortie d’Argentine puis d’entrée au Chili sont ensuite très rapides, quand au contrôle des bagages… les douaniers jettent un œil à notre tas de vélos et sacoches, et ne contrôlent rien du tout (pourtant tous les autres bagages des autres passagers sont passés au scanner).
La descente vers Santiago du Chili est très impressionnante, avec une série de lacets serrés dans une pente forte, dans des paysages de haute montagne. Un peu plus bas, nous sommes frappés par l’abondance de la végétation. Après les hauts plateaux et les déserts argentins, que de verdure ! Nous arrivons ensuite assez vite à la capitale, et après une bonne heure de vélo, et une rencontre avec un voyageur polonais, nous arrivons chez nos hôtes Warmshower.

De Chilecito à San Agustín del Valle Fértil : le retour des paysages magnifiques

Après ces presque 400 km pédalés en 6 jours, nous prenons un jour de pause à Chilecito.

L’hiver est rude dans le coin

Niveau architecture, comme beaucoup de villes qu’on a traversées jusque là, il n’y a rien de particulier, et la ville est encore organisée selon un plan quadrillé. L’essentiel des “créations architecturales” sont religieuses, on vous laisse admirer le résultat.

C’est bien un clocher et non une tour pour faire sécher des tuyaux

Il y a même un mini funiculaire pour y monter

La ville n’est pas très grande mais très animée, c’est tout de même l’occasion de faire une petite dizaine de kilomètres pour aller voir l’ancien téléphérique minier âgé de plus d’un siècle qui ne s’est arrêté qu’il y a une trentaine d’années. On ne se contente toutefois que de la première station, la deuxième est à une petite dizaine de kilomètres supplémentaires, et la route qui y mène sans intérêt.

Terminus du cablecarril

7 km en ligne droite en montée pour rejoindre la deuxième station… Pour notre jour de repos, on laisse tomber.

Nous trouvons une forte influence italienne ici, dans la façon qu’ont les gens de parler, dans leur physique… et les glaciers sont vraiment nombreux 😜 (nos kilos envolés au Pérou et en Bolivie commencent à revenir…).

Route fermée ? Pas pour nous…

Après toutes ces grandes lignes droites, nous avons envie de paysages plus escarpés et mettons le cap vers les parcs de Talampaya et d’Ischigualasto. Depuis Chilecito il y a une route directe qui passe par la cuesta de Miranda. Celle-ci était en travaux il y a presque 2 ans lorsque la Terre dans le guidon y est passée, nous comptons donc sur une route toute neuve. Pour rejoindre Nonogasta nous avons d’abord droit à la moitié d’une 2×2 voies en construction rien que pour nous, que demander de mieux ? Une fois à Nonogasta, nous empruntons une déviation : une partie de la route 40 est en travaux, et ensuite un panneau nous informe que la cuesta de Miranda est fermée pour travaux… Pas trop le choix, faire le tour serait trop long à vélo, nous y allons quand même. La route est longiligne, montant régulièrement jusqu’à Miranda, sous un soleil de plomb. Heureusement, Gauchito Gil est là !

Peu après Miranda nous arrivons sur la zone en travaux. Comme nous sommes dimanche, le chantier est à l’arrêt et nous le traversons sans encombre, d’autant plus qu’il n’y a que quelques kilomètres en travaux (fin prévue en octobre).

Ras le bol du vélo, on change de moyen de transport

Avec ça, ça devrait passer

Derrière, nous avons droit à un ruban d’asphalte tout neuf, et rien que pour nous.

La vue sur la quebrada de Miranda, rougeoyante, est magnifique.

Nous prenons compte de l’ampleur des travaux, titanesques, pour construire cette route, simple piste auparavant.

Route à encorbellement

Ça monte fort, et une super chapelle à la difunta correa nous tend les bras, avec tables et bancs, statues de canards et nains de jardin, bouteilles en plastique pleines d’eau et bougies d’allumage en guise d’offrandes, à 5 km du col.

Pour la protection de l’environnement par contre…

Le lendemain nous sommes toujours seuls sur la route et nous atteignons rapidement le col malgré des pentes en moyenne autour de 8%.

Nous avons beau n’être qu’autour de 2000m d’altitude, nous nous sentons vraiment en haute montagne, sur cette route accrochée aux rochers.

Une fois les deux cols passés, nous filons vers les parcs, et nous retrouvons les cactus.

Nous pensions passer par Villa Union, mais à un croisement une piste vers Pagancillo nous permettant d’économiser 40 km nous tend les bras. Après vérification de nos réserves d’argent (les entrées/visites aux parcs sont vraiment très chères) et de nourriture : c’est bon, nous bifurquons et arrivons à Pagancillo après 20 km d’une très bonne piste.

Nous passons la fin d’après-midi confortablement installés dans une grande cabaña, avec deux chambres et une cuisine, pour un prix dérisoire.

Où nous essayons de visiter un parc à vélo

Le lendemain, mardi 9 août, nous parcourons rapidement les 30 km qu’il nous restait jusqu’à l’entrée du parc et le visitons dans la foulée l’après-midi. Il est possible de le visiter à vélo, mais apparemment pas en ce moment car il y aurait trop de sable. Après la Bolivie, ça ne nous fait pas peur, mais le guide à vélo n’avait pas vraiment envie de nous accompagner, “c’est mieux en bus pour les enfants”. Bref, on embarque donc en “expédition” (ouh, quelle aventure !) dans un bus, et pour faire les choses bien nous choisissons la version bus 4×4 où il est possible de regarder à travers le toit, et avec l’apéro au milieu du canyon (vraiment des dépravés ces cyclistes).

Il ne faudrait pas rester trop enfermés…

Le canyon est vraiment magnifique, aux formes variées, et nous nous sentons tout petit au milieu.

Ça ferait un super toboggan, mais ça produit surtout un écho terrible

Les quelques pétroglyphes que nous pouvons observer sont énigmatiques et fascinants (ce n’était pas sous l’influence d’alcool qu’ils étaient dessinés, mais sous une variante de mescaline).

Nous finissons cette journée par un passage au parc contenant des statues de dinosaures, pour que les enfants crient et courent au milieu de ces géants colorés, et les classent spontanément en herbivores/carnivores. Au camping du site nous rencontrons quatre Franco-Argentins avec qui nous passerons la soirée à discuter, une rencontre vraiment très agréable ! Ils nous apprennent l’existence de magnifiques dunes de sable blanc du côté de Fiambalá. Si nous en avions eu connaissance avant, nous aurions certainement fait le détour par Fiambalá et Tinogasta entre Belèn et Chilecito, plutôt que d’emprunter la monotone route 40. Nous nous endormons au milieu des renards gris (il parait qu’il y a même des pumas).

Ok, c’est une photo de jour, mais la nuit on ne distingue que leurs yeux

Le lendemain, difficile de partir tôt quand on discute encore et que les enfants jouent. Ce n’est donc que vers 12h que nous mettons le cap vers la sortie du parc… Que nous n’atteindrons que le lendemain !

Le vent s’étant levé, et de face évidemment, nous avançons sans motivation ; un troupeau de guanacos en fin d’après-midi sonne la fin de notre étape.

Après avoir bien observé les guanacos, ce sont leurs nombreuses traces, ainsi que celles des suris et des renards que nous observons au bivouac, les enfants adorent !

Empreintes de guanaco

Empreintes de renard gris

Empreintes de suri

Où nous réessayons de visiter un parc à vélo

Jeudi 11 août : cap sur Ischigualasto après être sortis de Talampaya. Sans vent de face les 36 km sont parcourus en moins de 2h.

Pour visiter ce parc il faut avoir son propre véhicule, mais il y a aussi un circuit vélo. Mais comme pour le parc Talampaya, la motivation n’est pas le point fort des guides, et d’après eux le circuit voiture est mieux, et la carriole ne passerait pas sur le circuit vélo (encore une fois, nous rigolons intérieurement en sachant par où nous sommes déjà passés…). Bref, nous nous invitons dans une voiture (ce que font tous les cyclistes d’après les guides… Nous nous demandons bien si une seule personne a déjà réussi à visiter ces parcs à vélo 😏) et passons une super après-midi en compagnie de Juan Jose. Là encore le site est magnifique, entre points de vue impressionnants sur la vallée de la Lune, ou sur la formation Los Colorados et autres formations particulières.

Vallée de la Lune

Dans la vallée de la Lune

Los Colorados

Cancha de bochas (oui, c’est 100% naturel)

Le champignon

Au retour nous nous installons au camping du parc pour une nouvelle nuit au milieu des renards.

À travers la vallée fertile, même si ça ne se voit pas en hiver

Le lendemain nous traînons encore un peu au parc, nous retournons au musée de l’entrée qui présente bien la faune et la flore locale ainsi que certains dinosaures (et proto-mammifères et proto-crocodiliens, les roches du parc datent du Trias) trouvés dans le parc. Les 75 km jusque San Agustín del Valle Fértil passent assez rapidement en papotant, à travers une végétation sèche mais plus haute que les jours précédents, au milieu de petits contreforts montagneux. San Agustín est assez étalée, mais peu dense, une sorte de très gros village.

Nous y trouvons un chouette hébergement pour la nuit, avec un jardin où les enfants jouent. Le lendemain, en attendant notre bus les enfants jouent dans un parc et se joignent aux enfants du village dans une église ! C’est dimanche, des jeunes portant croix et statues patrouillent la ville en invitant les gens à venir faire la fête dans leur église (et il y en a plusieurs), les enfants dansent et chantent en musique dans les églises avant de pique-niquer devant… Ce n’est pas une boom, mais l’éducation religieuse (ou le début de l’embrigadement, à chacun de voir).
Ensuite : direction San Juan dans un de ces méga-bus argentins à double étage et sièges inclinables, très confortables (enfin, pas tout à fait pour Guillaume qui a les renforts latéraux de l’appui-tête dans les épaules… C’est ça d’être plus grand que la population locale, il commence à avoir l’habitude depuis le Pérou).

Pas de soucis pour embarquer les vélos (et heureusement puisqu’il n’y a qu’une seule compagnie) moyennant un supplément de sur-bagage, et sans oublier les pourboires pour ceux qui chargent et déchargent les bagages.

De Cafayate à Chilecito : un détour et de grandes lignes droites

Un aller-retour à Tafi del Valle

Nous prenons donc la route 40 au départ de Cafayate, une belle route asphaltée qui traverse les vignes. Les vignes basses, cultivées comme en France, côtoient les vignes hautes.

Vignes basses et vignes hautes

Au bout de quelques kilomètres, les vignes laissent la place à une forêt éparse sur sol sableux (avec toujours quelques cactus), que nous traversons sur un faux plat ascendant, sous les rayons bien chauds du soleil… Les kilomètres ne défilent pas très vite, alors quand le chauffeur d’un petit camion s’arrête devant nous pour nous proposer de nous emmener, on accepte avec plaisir (en suivant notre principe de ne jamais refuser une proposition d’aide motorisée). Nous voulions aller à Quilmes, mais le chauffeur nous propose de nous emmener jusqu’à Tafi del Valle… Ça n’est pas du tout sur notre route, mais nous savons que c’est joli, que c’est la porte d’entrée sur la vallée humide de Tucumán… Et nous avons prévu de prendre des bus après… Alors nous continuons notre route en camion, avec un chauffeur très pieux (il fait un signe de croix à chaque passage de chapelle ou de lieu saint… et il y en beaucoup sur la route, et surveille la croix sous le pare-brise, qu’il faut garder bien droite, pour la direction et la protection… pour ce genre de trucs, nous on fait plutôt confiance aux voitures modernes…) et plus concentré sur les paysages que sur la route… Une fois arrivés au col, on lui demande de nous laisser faire la descente à vélo, mais il insiste pour nous emmener à destination… Et c’est parti pour une descente toute en sueurs froides pour nous. Heureusement la vue sur le lac entouré de nuages au fond de la vallée est magnifique, on ne s’y attendait pas du tout… Notre chauffeur non plus…

Nous quittons notre chauffeur, attentionné à défaut d’être attentif, dans le centre de Tafi en fin d’après-midi, et nous nous offrons une nuit dans une vieille propriété retapée aux allures de château. Après un petit tour dans la ville (sans intérêt) à la tombée de la nuit, nous rentrons manger dans la grande salle à manger du “château”, avec argenterie et gardien de nuit, qu’il faut sonner avec une clochette en argent entre deux plats : nous nous sentons comme des seigneurs (en vêtements techniques, la grande classe).

Trop dure la vie de château à Tafi del Valle

Au petit matin, la brume a recouvert la vallée givrée, nous contemplons un joli paysage d’hiver depuis la salle du petit-déjeuner. Nous ne prenons pas la peine de faire un détour jusqu’au lac qui se trouve sous les nuages, et préférons nous élancer directement à l’assaut du col de l’infernillo, 1100 m de dénivelée sur 22 km. Nous émergeons rapidement au dessus des nuages, sous le soleil.

La montée en lacets au milieu des vaches, chevaux, pâturages en herbe jaune et nuages en fond de vallée a un air de Suisse desséchée.

Meuh !

Le col est avalé en 4h de pédalage, et après une pause au sommet pour laisser les touristes nous photographier, nous redescendons en direction de Quilmes pour chercher un coin de bivouac.

La vue est belle au col de l’infernillo

Une nuit à l’observatoire ?

Après nous êtes rafraîchis dans un ruisseau, un idée un peu folle émerge : il est 18h, ce qui nous laisse 1h de soleil, l’observatoire d’Ampimpa est à 18km, majoritairement en descente avec quelques montées raides mais courtes repérées la veille en camion… Nous pensons pouvoir atteindre l’observatoire en une bonne heure et c’est à l’unanimité que nous nous élançons dans la suite de la descente. Mission accomplie à 19h passées, nous arrivons à l’observatoire à la tombée de la nuit… Il y a des jours comme ça où on est contents que nos vélos de voyage soient aussi ceux de vélotaf, avec l’éclairage qui va bien.

Les enfants nous impressionnent par leur motivation à enchaîner des observations astronomiques jusque 23h et un lever le lendemain à 6h (pour Cassandre et les adultes seulement) pour observer la Lune, et le lever du soleil un peu plus tard, après 6h passées en selle, 45 km et 1200m de dénivelée positive. Malgré un astronome bourru les enfants sont fascinés par le télescope et s’émerveillent en découvrant Jupiter et ses satellites, Saturne et ses anneaux, des amas globulaires, étoiles doubles, triples, etc.

Nous prenons une douche plus ou moins chaude, pas la première en Argentine : nous avons eu plus d’une fois des coupures d’eau, ou de l’eau tiède voire froide, finalement, les douches électriques du Pérou et de la Bolivie étaient plus fiables !

Il y a plein de cactus près de l’observatoire

Au moment de partir, la sacoche du lundi (comme le disent les Allemands) de Marie nous rejoue un tour. Cela fait quelques fois qu’on revisse son rail, là la vis est perdue. Nous trouvons une utilité au maillon de chaîne de Guillaume défaillant, et nous trouvons notre réparation à la MacGyver tellement cool que nous ne ferons même pas de réparation plus propre quand nous le pourrons.

MacGyver en Argentine

Des rencontres et des ruines

Puis nous nous dirigeons à nouveau vers Quilmes.

Descente sur la route 307

En chemin, nous rencontrons les Bulktrotters, qui commencent un voyage d’un an en Amérique du sud en camping-car. Nous discutons longtemps ensemble, et Fabricio se joint à nous quelques instants, avant de repartir avec son enthousiasme communicatif. Au moment de nous remettre en route, nous rediscutons avec un Argentin qui nous avait déjà interviewé pour une radio locale (il préparait une émission sur le tourisme). Il parle d’abord avec Guillaume, de son boulot, de la France… Puis, entre deux “ola chica” envoyés à toutes les filles et femmes qui passent sur la place, il se rend compte de l’existence de Marie, et lui demande quel métier elle fait. Après cette démonstration écœurante de sexisme ordinaire, nous discutons donc archéologie. Les sites précolombiens et pre-incas sont en fait très nombreux dans la région (contrairement à ce que racontent les guides touristiques pour lesquels il n’y en a que 3 ou 4), mais il n’y a aucune recherche. C’est même pire que ça, ça n’est pas seulement la culture des peuples locaux qui est ignorée, mais les hommes et femmes eux-mêmes : les “comunidad indigena ou “comunidad aborigena sont complètement délaissées par le gouvernement argentin, les routes ne sont pas asphaltées, il n’y a pas de services d’urgence, très peu de postes de santé, pas de 3G… Services disponibles partout ailleurs dans le pays. Par la suite, plus nous irons vers le sud, et plus nos observations confirmeront son propos.

Nous repartons tard, mais c’est ça aussi l’Argentine : tranquille ! Nous posons la tente à l’entrée du site de la cité sacrée des Quilmes, en compagnie d’ânes.

Pour changer, une roue de la carriole crève en arrivant. Nous visitons le lendemain matin ce site à l’histoire mouvementée depuis sa redécouverte. Le site est très grand et parsemé de cactus, très joli à flanc de montagne dans la lumière du matin.

Apparemment ils aimaient bien la farine

Un bus tant espéré

Nous mettons l’après-midi à rejoindre Santa Maria sur une route 40 non goudronnée.

Bouh, la photo cliché !

Là-bas nous comptons prendre un bus pour Belèn, mais nous devons attendre le lendemain 12h pour connaître la taille des soutes du bus. Nous passons donc une matinée tranquille du dimanche 31 juillet sur la place principale de Santa Maria pendant que les enfants jouent. À 12h le verdict tombe : le bus a beau être grand, ses soutes sont minuscules, on n’y ferait même pas tenir une roue de vélo.

Nous choisissons la route 40 de l’ouest pour rejoindre Casa de Piedra… Mauvais choix, celle de l’est est vraisemblablement en bien meilleur état.

Évidemment, on ne montre que le pire en photo

Mais nous passons par une Argentine non touristique, très rurale, cela change. Ensuite ce n’est qu’une longue ligne droite au milieu de paysages de savane, sans girafe malheureusement, mais avec vent de face 😖.

La carriole décide de la fin de l’étape avec une crevaison et nous bivouaquons à côté de l’église de Punta de Balasto.

Welcome in the sablar

Nous attaquons le mois d’août par une longue montée vers un plateau plat et sableux où la route est en ligne droite sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Sur le plateau c’est aussi long et monotone (certains diraient chiant) qu’un salar, le spectaculaire en moins, on le nomme sablar. Heureusement qu’il y a des montagnes autour.

Le sablar vous souhaite la bienvenue

Un panneau indicateur très utile (pas la borne de la route 40, l’autre)

Encore une photo pour bien vous montrer la monotonie des paysages

Et on en mange pendant 2 jours car le vent de face qui se lève dans l’après-midi du 1er août fait chuter notre vitesse à un ridicule 8km/h et a raison de notre motivation.

Une tente très bien tendue sur le sable grâce aux vélos

La journée à 100km

Le lendemain par contre nous nous faisons éjecter du plateau par un fort vent de dos, qui se retournera complètement à 13h. La descente vers Belèn présente des paysages plus variés, même s’il y a encore de longues lignes droites, et la plupart des sommets qui nous entourent sont saupoudrés de neige.

Les derniers 20 km sont dans une gorge encaissée, et le rio si tranquille doit l’être beaucoup moins à la saison humide, vu les renforts en construction pour le canaliser lorsqu’il pleut.

Nous arrivons à Belèn fatigués après plus de 100 km, 170 depuis Santa Maria en 2 jours ½. Nous nous en remettons avec des pizzas et une sorte de double pizza à la milanaise qu’ils appellent hamburger (et comme il y a le contenu de toute une ferme dans un seul sandwich, ils ne prennent même pas la peine de servir des frites avec). Il faut bien une glace sur le coup des 22h pour faire passer tout ça.

Bus ou pas bus finalement ?

À Belèn, nous espérions trouver un bus pour Chilecito qui n’est qu’à 220 km de là… Hélas, il faut en fait prendre une combinaison de 3 bus dont nous ne sommes pas sûrs qu’ils acceptent tous les vélos, avec changement à Aimogasta et La Rioja, 2 jours et dans les 600 km de bus. Qu’à cela ne tienne, nous irons à vélo !

Après examen minutieux de la carte (en plus des courbes de niveaux, nous avons l’information du type de revêtement sur OsmAnd), qui donne lieu à des dialogues surréalistes du genre :

« – si la route est en pointillés gris, c’est quoi déjà ?

  • je sais pas, ça dépend des régions, ça va du stabilisé à l’asphalte, mais l’asphalte peut être miteux

  • et bleu ?

  • bétonné ou asphalté

  • j’ai l’impression que c’est gris clair et rose là»

Nous estimons en avoir pour 3 à 4 jours.

Elle m’emmène au bout de l’ennui 🎶

Certains s’amusent avec le nom de Mashad, pour nous ce fût Londres, quelques kilomètres après Belèn.

Sacré détour !

Bienvenue à Heathrow

Cette petite ville au milieu des noyers (et des agrumiers, inrattables en cette saison) nous a paru d’ailleurs être très agréable, paisible, idéale pour une pause.

Mais non, la route 40 nous appelait. Événement suivant : un virage, dans 30 km, le suivant 20 km plus loin.

Heureusement qu’il y a des panneaux pour tromper l’ennui

Et des montagnes également, pour le soutien psychologique

Au bout de 75 km, nous avons l’embarras du choix pour poser le bivouac, qui sera très agréable (chaud, pas de vent, on se contente de peu).

Vous pardonnerez au micro-capteur la non-reproduction des couleurs fluo du ciel, il est dépassé le pauvre

Le lendemain nous sommes frustrés par l’absence du panneau 4000 km car il a lieu sur la portion commune avec la route 60. Nous traversons ensuite une zone plus peuplée qu’on ne le pensait autour de San Blas de Los Sauces, autour de midi.

S’il n’avait pas été midi, on se serait arrêté là

Oh, un resto (où nous ne commanderons même pas de pâtes à la sauce), oh, un glacier !

Tout va bien, plus que 40 km

Et puis, c’est reparti pour de longues lignes droites. Cette fois-ci ce sont les travaux de pose de fibre optique qui nous divertissent. Et puis… on ne vous avait pas encore parlé du polythéisme catholique ! Notre trajet est parsemé (depuis la Quiaca quand même) d’arbres recouverts de tissus rouges indiquant des autels aux saint locaux : virgen del valle, gauchito gil, san expedito, diffunta correa par exemple. Autel accompagné au minimum d’un asado, et même de tables et de chaises, ce qui peut faire de très bons coins de bivouac.

Version grand luxe avec le four

Saint patron des meubles en kit

Dans un bâton-ivre, ou arbre-perrier

Après donc un bivouac confortable, nous partons tôt vendredi 5 août pour la dernière journée de pédalage, avec 95 km au programme. Encore des lignes droites de plusieurs kilomètres (et dire qu’on trouvait les Landes monotones l’été dernier) avec pour seuls événements les quelques villages, et les quelques virages.

Une photo de ligne droite, pour la forme

C’est l’occasion de grandes discussions avec les enfants, à propos de tout et de rien, de ce qui nous entoure. C’est aussi l’occasion pour eux de passer de longues heures de jeux tous les deux dans la carriole, pendant que les parents papotent.

L’arrivée à Chilecito se fait en toute fin d’après-midi, au milieu des déchets de la décharge soufflés par le vent. Le nord-ouest de l’Argentine est très propre, les seuls déchets que nous ayons vus sont des bouteilles de bière au bord des routes, le verre n’est d’ailleurs pas recyclé ici. Mais plus nous descendons vers le Sud, plus il y a de déchets. Des voyageurs venant de l’est nous ont dit la même chose : cela devient propre à partir de Tafi, avant les villages sont annoncés par les déchets et les chiens écrasés.

Et voilà, 220 km en 3 jours ! Nous nous accordons un jour de pause à Chilecito.

P.S. : nous avons édité l’article précédent où nous avions oublié le récit d’un petit sketch comique de la police

Et nous avons aussi simplifié l’ajout de commentaires, à priori il n’y a plus besoin d’enregistrement, n’hésitez pas à vous en servir !

De Salta à Cafayate : l’été au milieu de l’hiver

Les premiers kilomètres au départ de Salta se font sur la même route que l’arrivée, sur une piste cyclable. Nous traversons à nouveau des zones de supermarchés et de garages, youpi, et nous arrêtons pour goûter les humitas, accompagnés de quelques empanadas au milieu des gaz d’échappement, ça donne du goût.  Nous découvrons aussi les joies de la chaîne chinoise dont les maillons ne supportent pas le dérive chaîne et s’écrasent, et Guillaume profite de la pause pour remplacer le maillon fautif par un rapide qu’on avait en stock. On garde tout de même ce maillon faible, et maintenant nous pouvons rouler sans schklong dans le dérailleur à chaque tour de chaîne. C’est donc en début d’après-midi que nous quittons vraiment la ville de Salta, à travers des champs et des nuées de perroquets bruyants (non seulement ils sont nombreux, mais en plus c’est laid le cri du perroquet). Nous pédalons quelques kilomètres en compagnie d’un cycliste qui rentre du travail à vélo, 20 km matin et soir, tout ça en espagnol, on a fait des progrès !

De la forêt, des nuages !

Nous avançons bien dans cette grande plaine bordée des hautes montagnes des pré-Andes. En milieu d’après-midi nous avons droit à un sketch de la police pour nous divertir : ils ne veulent pas nous laisser continuer car ils trouvent ça trop dangereux (enfin, un gentil automobiliste leur a dit que). Ouverts à toutes suggestions, nous nous enquiérons d’une éventuelle autre route, ou de la possibilité qu’ils nous transportent en camioneta, voire même de l’existence d’une loi interdisant de rouler à vélo en Argentine… Ensuite ils trouvent que nos systèmes d’attache ne sont pas assez solides… On rigole bien intérieurement, mais on se contente de leur dire que c’est homologué pour le transport d’enfants en Europe, et ici en Argentine aussi. Bref, ils finissent donc par nous laisser partir car ils ne peuvent rien faire. Ils nous rappellent d’être prudents…

Nous sommes un peu agacés par cette erreur classique entre danger réel et danger perçu, surtout venant des forces de l’ordre (c’est pourtant évident que déplacer 150 kg à 15 km/h est plus dangereux que 1,5t à 150 km/h). On aurait pu leur faire une suggestion d’actions à mener pour améliorer la sécurité : faire de la prévention en rappelant les règles de dépassement aux automobilistes par exemple… Mais apparemment faire du vélo est plus dangereux que : se déplacer à 5 sans casques ou autres protections sur un scooter/moto, rouler à 110 km/h avec des enfants qui jouent debout dans la benne du pickup, avoir ses enfants non attachés dans la voiture, ou sur ses genoux en conduisant…

Après cet intermède comique nous arrivons près du lac artificiel de la vallée de Lerma en toute fin d’après-midi, et suivons les premiers panneaux qui indiquent un camping. Le camping en question, installé près d’une base nautique et d’une zone de pêche, est fermé, mais nous posons tout de même la tente près d’une table de pique-nique, avec un évier, un barbecue et de la lumière, pour une soirée tout confort.

Le lendemain, en plus de la condensation dans la tente qui ne nous était plus arrivé depuis bien longtemps, nous admirons le lever de soleil sur le lac brumeux, au milieu des oiseaux. 

C’est dimanche, les premières familles argentines arrivent dès 9h, certains allument le feu pour l’asado (il paraît que pour un bon asado il faut laisser chauffer pendant plusieurs heures avant… Avec 500g de viande par personne, on n’est pas à quelques heures de feu inutile près), tandis que d’autres s’installent pour une partie de pêche. Pendant ce temps-là, nous plions le camp, et reprenons la route. Nous faisons une pause à Coronel Moldes (après Ingenieur Maury et Gouverneur Manuel Sola… certains noms de village sont assez étranges dans la région), l’appel des empanadas a encore été trop fort… L’ambiance animée de la petite ville est très agréable.
Un peu plus loin nous faisons une pause forcée folkorico-religieuse : la route est barrée par plusieurs dizaines d’argentins en tenue de gauchos, avec leurs montures, pendant que les enfants de l’école dansent en costume. Nous profitons du spectacle… avant de voir passer une procession religieuse à laquelle cavaliers, danseurs et public emboîtent le pas.

Nous traversons encore des paysages de plaine agricole, dans une ambiance hivernale, mais pas complètement, il fait chaud et il y a pas mal d’arbres qui ont gardé leurs feuilles. 

Puis nous voyons les montagnes couleur bordeaux commencer à se resserrer autour de nous. Nous bivouaquons près du rio et de la route, mais entourés d’arbres, à l’entrée de la quebrada d’Alemana.

Finies les réveils aux températures négatives, il fait 5°C le matin, un vrai confort pour nous, nous nous passons même doudounes ! Nous nous engageons dans la quebrada, entourés de pierres rouges et de cactus (différents de ceux qu’on voyait un peu plus haut). La route monte tout doucement, et offre quelques jolis points de vue.

Une photo de pont jaune pour changer de toutes ces montages rouges

À l’entrée de la quebrada de Cafayate, nous trouvons les bus de touristes et quelques formations géologiques impressionnantes : gorge du diable, l’amphithéâtre… 

La gorge du diable

Nous avons aussi l’impression de faire partie de l’attraction touristique : quand nous nous arrêtons à un endroit, cela crée un attroupement de touristes autour de nous, tout le monde nous prend en photo. Quand on a discuté un peu avec les gens et qu’ils nous demandent l’autorisation, il n’y a pas de soucis, mais par contre sans nous parler ni nous demander, cela commence à nous agacer… On ne compte plus le nombre de téléphones et d’appareils photos qu’on a vu pointés vers nous depuis les voitures nous dépassant ou à l’arrêt, sans un mot. Bref, les touristes argentins sont mal-élevés ici, et si le vélo les impressionne tellement, ils ont qu’à en enfourcher un !

Quelque part dans la quebrada, sans touristes !

Joli vue !

Le point de vue en question

Nous bivouaquons juste à côté du crapaud, une roche qui a la forme de l’animal, les bus de touristes sont partis, on est tranquilles au milieu d’un paysage superbe !

Au bivouac, on a trouvé les cousins de Mickey le bâtard

Si la quebrada ne nous a pas paru extraordinaire le premier jour, elle dévoile le lendemain sous nos yeux des couleurs incroyables, et tout plein de zones de roches façonnées par l’eau et le vent. 

C’est magnifique… même si le ballet des touristes impolis recommence (le mieux : ceux qui rigolent quand on leur fait remarquer qu’ils auraient pu demander avant de nous prendre en photo). Par 35°C à l’ombre notre réserve d’eau descend vite.
Les derniers kilomètres à l’approche de Cafayate voient apparaître les premières bodega, ou cave viticole, avant de traverser une longue (et morne) plaine sableuse plantée d’arbres. Nous arrivons enfin dans le village, ou nous trouvons une auberge et un comedor pour nos empanadas du midi.

Nous ne restons qu’une nuit à Cafayate mais découvrons quelques vins de la région… sous forme de glace (et aussi sous forme plus classique le soir au resto). Il y a aussi d’excellents alfajores ici, pour un peu on resterait un jour de plus !

Le torrontes, cépage local, donne des vins blancs très parfumés

Alfajore à la fraise

Le lendemain, nous nous rendons compte au moment du départ que le pneu de Cassandre est à plat, nous avons encore roulé sur quelque chose en arrivant ! Une équipe répare pendant que l’autre va faire des courses. Nous tournons aussi un peu pour acheter les 2-3 choses qui manquent. Après toutes ces péripéties, il est presque midi, et comme il y a ici un resto avec 12 sortes d’empanadas… En attendant qu’ils soient prêts, Guillaume change ses gaines de dérailleur à son tour et Marie va racheter de ces très bons alfajores.

Il ne nous reste plus qu’un mois de voyage, beaucoup de choses qu’on a envie de voir et de kilomètres à parcourir, trop pour tous les faire à vélo. Nous essayons donc de planifier ce dernier mois, les portions à vélo et les portions en bus. Nous avons l’impression que le voyage touche à sa fin et de rentrer à la maison… Mais finalement, un mois de voyage, c’est encore long.

Puis nous repartons plein sud sur la route 40, avec un planning qui volera en éclats dans la journée…

Salta : une petite pause dans la «ciudad linda»

Nous posons vélos et sacoches dans une charmante casa de familia, et nous mettons en quête de tout ce que nous avons à acheter en ville (au bout de quatre mois, le matériel commence à s’user). 

Il y a des orangers partout

Première étape, le centre commercial (un vrai de vrai comme chez nous😕), où nous mangeons des empanadas et trouvons des chaussures pour Hector, parce que les enfants continuent de grandir en voyage.

Empanadas

Tamales

Au retour à notre chambre pour la sieste, nous rencontrons Ramon, qui nous attend devant la porte. Il tenait une casa de ciclistas à Salta il y a quelques années, nous a vu passer et voulait voir notre matériel pour transporter les enfants, en particulier le follow-me. Rendez-vous pris pour le lendemain soir, et nous (certains) allons nous reposer, pendant que Guillaume part en mission lessive et pièces de vélo. Il revient avec des gaines de dérailleur pour celui de Marie, et deux chaînes.

Nous partons ensuite à la découverte de la ville et de son plan quadrillé (c’est assez facile pour se repérer du coup). Nous nous promenons tout en cherchant des nouvelles chaussettes pour les grands, une paire de pédales pour le vélo de Guillaume, et des sardines pour la tente (que nous ne trouverons pas, elles sont uniquement vendues avec les tentes, et de toute manière pas en version légère). 

C’est l’hiver, il faut habiller les arbres 😁

Des couvents…

Des églises…

Partie de sport national à la poste

Nos pas nous mènent jusqu’à la place centrale, puis dans une parilla pour goûter la fameuse viande argentine… C’est vrai qu’elle est bonne, mais nous y prenons finalement peu de plaisir, nos papilles saturent de la chair animale (surtout celles de Marie et de Cassandre).

Le lendemain, nous traînons au petit-déjeuner, puis partons visiter le musée de la ville (inintéressant, sauf le bâtiment) avant d’aller manger des empanadas. Nous visitons l’après-midi le musée archéologique de haute montagne, consacré à une expédition archéologique qui a mis au jour un site de sacrifice inca extrêmement bien conservé : les momies de trois enfants avec tous les objets qui les accompagnaient dans l’au-delà. Au delà de l’exposition des corps des enfants sacrifiés, qui est particulièrement troublante (surtout en étant parent soi-même), l’exceptionnelle conservation des tissus, objets et des corps laisse sans voix : une visite passionnante et impressionnante.

Quelques glaces, un peu de flânerie, et une petite sieste tardive à l’hôtel finissent l’après-midi. Le soir, c’est riz et légumes cuisinés par nos soins, pendant que Guillaume montre à Ramon nos vélos.

Des glaces…

Et des gâteaux !

Pour notre dernier jour à Salta, nous visitons le musée historique du Nord dans un très beau bâtiment colonial bordant la place du 9 juillet, nous promenons encore dans les rues, mangeons encore quelques glaces, et refaisons le plein des sacoches.

Avant de partir pour Cafayate, nous faisons un détour pour aller jusqu’au magasin de vélo dans lequel travaille Ramon : nous y trouvons enfin des pédales avec roulements (et oui c’est difficile de trouver des pédales avec roulements ici !). Cyclistes, si vous avez besoin de matériel, c’est ici qu’il faut aller !

La dernière piste cyclable rencontrée remonte à Cusco

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