Le canal du midi et son système d’alimentation : boucle entre Toulouse et Carcassonne, par la montagne noire

A la fin du mois d’octobre, nous avons profité d’une météo plus que clémente pour faire une boucle jusqu’à Carcassonne, tout à vélo. Voilà le récit et les photos de ces quelques jours à vélo.

Jour 1

Nous prenons notre temps pour finir les sacoches à la maison le matin, et ne partons que vers 11h, dans le brouillard frais et humide. Pour ces quelques jours nous avons décidé de partir léger : sans la carriole pour pouvoir passer partout, et avec seulement 6 sacoches pour nous 4.

Les premiers kilomètres sont en zone connue, Cassandre pédale accrochée à Guillaume au début, puis un peu toute seule. Une péniche amorce une manœuvre de demi-tour juste après le passage d’une écluse, nous l’observons en discutant avec un homme de l’équipage. Les enfants appuient sur les boutons pour mettre en marche le cycle de l’écluse, ils sont tout fiers. Nous voyons aussi beaucoup de poissons morts flotter à la surface de l’eau, ils n’ont pas survécu au tout récent transfert depuis le lac de Saint-Férréol.

Le brouillard s’est levé pendant cette pause, nous en profitons pour pique-niquer. Nous pédalons ensuite au soleil, tranquillement, sur la piste qui longe le canal. Cassandre pédale toute seule. Le revêtement est tout neuf, et tout jaune, on dirait le chemin pavé d’or du magicien d’Oz. Au passage du panneau nous indiquant que l’on quitte la Haute-Garonne, la piste asphaltée se transforme en une bonne piste en terre, pour les quelques dernières centaines de mètres avant l’arrivée au seuil de Naurouze. Cassandre pédale fièrement jusqu’à l’arrivée !

Nous montons la tente en contre-haut du canal pendant que les enfants jouent et dessinent, au milieu de pins qui nous apportent un peu de chaleur, puis nous nous y réfugions pour un Uno avant le repas.

Jour 2

Réveil humide et frais (2°C), et en plus la tente est à l’ombre ! Pendant que Guillaume reprend son rôle de cuisinier du petit déjeuner, Marie range le camp. Nous plions la tente mouillée, et nous partons vers la montagne. Plutôt que de suivre la rigole d’alimentation sinueuse au départ du seuil de Naurouze, nous empruntons des petites routes à travers la campagne lauragaise, il fait beau, c’est très agréable. Cassandre reste accrochée lorsque nous sommes sur la route, c’est plus sûr quand une voiture arrive, et ça nous permet de monter les nombreuses petites côtes plus facilement.

Après une pause chocolatine, nous rejoignons rapidement la rigole de la plaine et son parcours cyclable. Nous pédalons sur un bon chemin de terre bordé de chênes verts, en très légère montée… Nous avançons vite et bien. Le balisage cyclable nous fait quitter la rigole pour rejoindre le lac de Saint-Ferréol par une côte de 2-3 km, entre 6 et 18 % au moins, nous poussons les vélos avec difficulté ! Une toute petite descente, et nous voilà sur les berges du lac asséché. Nous pique-niquons sur le barrage du XVIIème siècle, et nous ne sommes pas tout seuls. Il y a des visites organisées pour descendre dans le lac, et de nombreux badauds attirés par cet événement.

Au moment de remonter en selle, nous jetons encore un coup d’œil au paysage asséché du lac, avant de s’arrêter pour une pause crêpes et gaufres. Une poignée de freins du vélo de Marie en profite pour se débarrasser lâchement de toute son huile. Nous continuons sur une route départementale avec un peu plus de trafic, il fait chaud et nous montons doucement dans la montagne noire. Peu après le village des Cammazes, nous rejoignons  la rigole de la montagne, qui traverse la forêt. Cassandre pédale un peu toute seule, mais se fatigue vite sur le chemin, ça monte quand même doucement. La forêt est très belle, parée de couleurs d’automne, le chemin couvert de feuilles orangées, c’est parfois féerique. Il y a pas mal de promeneurs, à pied ou à vélo, à la recherche de champignons et de châtaignes.

En fin d’après-midi, la température commence à baisser et l’humidité à s’élever, nous décidons de bivouaquer près de la rigole. Nous montons la tente trempée, qui aura bien du mal à sécher. Les enfants jouent en liberté près du camp, et débusquent une salamandre ! Les derniers promeneurs nous saluent et nous souhaitent une bonne nuit.

Nous nous endormons en écoutant les bruits de la forêt, c’est super.

Jour 3

La nuit a été légèrement ventée, douce et sèche. L’autan s’est levé ! Nous replions la tente sèche, et enfourchons les vélos. Après les cent derniers mètres le long de la rigole, Cassandre est attelée avec Guillaume pour un peu plus d’un kilomètre de route aux abords du bassin du Lampy, avant de rejoindre une autre rigole. Nous pédalons alors dans une forêt un peu plus dense que la veille, qui a l’air plus sauvage. La roche granitique se montre plus. La pente est toujours douce, Cassandre pédale un moment toute seule. Nous faisons une petite pause chocolat, il va nous falloir tenir jusqu’à Carcassonne pour le repas de midi.

Nous arrivons à la prise d’Alzeau, lieu de captage des eaux pour alimenter les rigoles puis le Canal du Midi. La montée se fait plus forte, Cassandre est tractée, nous faisons un petit détour par Les Galubes, avant de rejoindre le village de Lacombe. Nous quittons la quiétude de la forêt et du chemin pour une petite route, mais le trafic reste très faible. Encore un petit effort, et nous arrivons rapidement au point haut du parcours, à nous la descente ! Nous avons une belle vue sur la campagne agricole environnante, et sur les Pyrénées au loin. Marie tente de ménager ses freins, la poignée du frein arrière ayant définitivement rendu l’âme, et celle du frein avant lui emboîtant le pas.

Vue sur les Pyrénées

Nous avons traversé la ligne de partage des eaux, et si dans la montagne ça ne se voyait pas franchement, en descendant nous arrivons dans un paysage méditerranéen. Les maisons sont en pierre, il y a beaucoup de pins, quelques vignes, et le sol est sec. Du fenouil sauvage borde la route. Nous passons par le joli village d’Aragon.

La route nous emmène ensuite jusqu’à Pennautier, tout proche de la grande ville. Une ancienne route est aménagée en piste cyclable, nous nous réjouissons… pendant 500 m seulement, puisqu’au rond-point suivant, c’est une 2×2 voies… Nous tentons de passer par un chemin de bord de champ qui longe la route, mais c’est une impasse. Demi-tour, et nous voilà donc sur la 2×2 voies, heureusement limitée à 90. Les voitures nous doublent largement, mais c’est quand même très désagréable. Heureusement, Carcassonne n’est pas loin !

Nous rejoignons la maison de nos hôtes du jour, Cyrille, Florence et leurs trois filles, pour y déposer nos sacoches. Puis nous remontons en selle, vers le pique-nique et la visite de la cité !

La circulation dans Carcassonne n’est vraiment pas pensée pour les vélos, aucune piste cyclable, aucun point d’attache, nous sommes surpris et déçus, nous nous attendions à mieux pour une ville sur un trajet cyclable très fréquenté.

Nous garons les vélos à l’entrée de la forteresse, et partons à la recherche de chevaliers et de princesses… La balade le long des remparts et au pied du donjon est très chouette, c’est l’occasion pour les enfants de découvrir le monde du Moyen-Age. Nous nous accordons une pause crêpe, avant de retourner vers nos vélos.

Nous achetons de quoi remplir nos sacoches et nos ventres pour les deux prochains jours, et rentrons chez nos hôtes. Après une très bonne soirée, à jouer pour les enfants et discuter pour les adultes, nous nous endormons au chaud.

Jour 4

Comme d’habitude quand nous sommes hébergés dans une famille, le départ est difficile pour les enfants. Nous leur laissons le temps de jouer avec leurs nouveaux copains et nouveaux jouets, puis reprenons les vélos, direction le canal. Nous le suivons un petit peu sur une route, puis nous nous perdons dans une zone pavillonnaire, avant de rejoindre la départementale très fréquentée (dont les abords ne sont pas beaucoup plus propres finalement que les abords des routes argentines, la végétation plus abondante camouflant le tout). Les voitures vont vite, le bas-côté n’est pas praticable, nous ne nous sentons pas vraiment en sécurité. Nous pensions rejoindre le canal à Bram, mais nous le croisons un peu plus tôt, et préférons finalement le sentier à la route. Nous sommes bien contents de ne pas avoir la carriole, et, après une pause deuxième petit déjeuner, nous avançons assez rapidement sur le chemin, entre les berges qui menacent de s’effondrer et les racines des platanes.

À partir de Bram, nous rejoignons un chemin de halage plus large et bien entretenu, parfois asphalté. Le vent nous pousse, nous cherchons un endroit abrité pour la pause de midi. Nous nous arrêtons derrière une maison éclusière, au même endroit que lors de notre première expédition à vélo, il y a quelques années déjà.

Nous pédalons ensuite jusqu’à Castelnaudary et son grand bassin. Pendant que Guillaume va à la recherche d’eau pour remplir nos gourdes dans le village, Marie et les enfants observent les ragondins, les cygnes et les canards.

Les derniers kilomètres de vélo sont très agréables, à la lumière de fin d’après-midi, qui sublime les couleurs d’automne sur le canal. Nous faisons le plein d’eau au Ségala, et rejoignons le seuil de Naurouze pour le bivouac. Il y a encore beaucoup de promeneurs à 18h, mais comme il commence à faire froid, nous montons le camp rapidement. Pâtes, Uno, et au lit !

Jour 5

Lever de soleil à Naurouze
Lever de soleil à Naurouze

Nous avions mieux choisi notre coin de bivouac, mais le soleil reste caché derrière les nuages. Tant pis, nous replions la tente encore un peu humide, et partons vers la maison. Nous atteignons très vite la piste asphaltée en Haute-Garonne, Cassandre pédale beaucoup ce matin. Il y a des travaux de consolidation des berges sur le chemin de halage, nous sommes passés parce que la route n’était pas barrée, mais nous croisons le responsable des travaux, qui l’a barrée de l’autre côté… après quelques propositions à base de demi-tour ou de route départementale, il nous suggère de passer par-dessus la barrière, solution adoptée.

Un peu plus tard, nous croisons plusieurs chantiers d’abattage des platanes malades du chancre coloré. Le trajet est joli mais un peu monotone, nous raccrochons Cassandre pour tenter de rejoindre Toulouse avant midi. Finalement, nous passons devant un alléchant restaurant à l’écluse de Castanet, nous nous y installons pour déjeuner en terrasse. Les derniers kilomètres s’effectuent sur une route qu’on connaît par cœur, et nous voilà rapidement chez nous.

 

Les animaux rencontrés :

  • des hérons qui se chauffaient les ailes au soleil, des canards, des cygnes, des cormorans
  • des ragondins
  • une salamandre, pour la plus grande joie des enfants (et des plus grands)
  • des plumes de faisan et de nombreux chasseurs le dimanche matin dans le Lauragais

Bilan matériel :

  • le matelas de Marie a une fuite, à réparer au retour
  • son frein arrière aussi
  • le boîtier de pédalier de Cassandre a eu une fâcheuse tendance à se desserrer
  • Guillaume a cassé une attache de sacoche avant sur une chicane mal négociée (au bord du canal du Midi, dans l’Aude, évidemment)

La carte du trajet est ici.

5 commentaires sur “Le canal du midi et son système d’alimentation : boucle entre Toulouse et Carcassonne, par la montagne noire

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  1. Bonjour, votre site est très agréable à consulter…et inspirant!
    Une petite question…d’enfant : Cassandre a-t-elle fait de la draisienne avant de pédaler seule? Notre Louise de 2 ans (et 2 mois) ne veut pas essayer la draisienne… A votre avis on lui propose le vélo à petites roues?? Nous voudrions tellement qu’elle ait envie de pédaler comme nous!
    Merci et bons voyages
    Pauline

    1. Bonjour,
      Cassandre a eu une draisienne à 2 ans, elle en a fait très vite. Elle a eu un vélo de grande (sans petites roues) à 3 ans, elle a vite été à peu près capable d’en faire, mais n’a pas voulu… elle préférait se faire tracter en follow-me, pendant 2 ans. Son petit frère a presque 3 ans maintenant, et il fonce comme un bolide en draisienne. C’est vraiment top pour l’apprentissage de l’équilibre, le pédalage ne vient qu’un peu plus tard, quand ils ont assez de force physique pour le faire sans que ça leur mange toute leur énergie. Disons qu’après un passage par la draisienne, les petites roues sont inutiles. Et je ne suis pas sûre que le vélo a petites roues l’attire plus que la draisienne, si ? Vous pouvez peut-être essayer de lui faire essayer celui d’un(e) copain/copine, pour voir si elle accroche plus ?
      Bon pédalage à vous !

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