De Trèves à Metz, du Luxembourg à la Lorraine industrielle

4 août – Bienvenue au Luxembourg, 45 km

La journée s’annonce encore très chaude mais nous arrivons à partir assez tôt ce matin. Le camping étant en bord de Moselle, nous sommes tout de suite sur la piste cyclable, Cassandre pédale seule.

Le long de la Moselle près de Trèves

Nous traversons une zone industrielle et portuaire, puis atteignons rapidement la frontière avec le Luxembourg, où le français refait son apparition. Nous avons lu que la piste est meilleure côté allemand, nous prenons donc un dernier bac pour retourner en Allemagne.

Nous quittons assez rapidement les paysages industriels (côté allemand comme côté luxembourgeois), et après le pique-nique, nous retrouvons des coteaux couverts de vignes. Nous longeons des petits terrains où sont installées des caravanes, avec un accès direct à la Moselle, pour la baignade ou le bateau.

Nous arrivons au camping à Nennig vers 16h, et traversons la Moselle pour aller à la piscine au Luxembourg, à Remich. Nous y restons jusqu’à ce que le soleil se voile, et y prenons nos douches, ce qui nous fait économiser le jeton du camping. Le soir, il fait encore très chaud, les trois enfants ont beaucoup de mal à s’endormir, et nous profiterons tous les cinq d’un feu d’artifice tardif avant de trouver enfin le sommeil.

5 août – Entre trois pays, 45 km

Nous arrivons à nouveau à partir assez tôt et retraversons la Moselle-frontière, pour acheter des viennoiseries luxembourgeoises. Nous restons sur cette rive pour quelques kilomètres, Cassandre est ravie de pédaler dans un nouveau pays. Nous arrivons à Shengen, où nous prenons le temps de parler de l’Europe avec les enfants et de manger nos viennoiseries (similaires aux françaises).

Nous retraversons ensuite la Moselle pour retourner en Allemagne, puis, de façon presque imperceptible, rejoindre la France : encore une fois pas de panneau, juste un changement de langue et de signalisation. Nous pédalons jusqu’à Sierck-les-Bains, où nous faisons une pause jeu et pique-nique, avant de grimper jusqu’au château pour une chouette visite.

Château de Sierck-les-bains

Nous rejoignons ensuite l’itinéraire cyclable, où les aménagements ne sont pas pensés pour les carrioles ou les vélos chargés (bienvenue en France !), et pédalons jusqu’à Thionville le long de la Moselle, par des petites routes, des chemins, et des détours pour les tracteurs de carriole que nous sommes.

Le camping est complet, mais nous nous installons avec une caravane dont l’occupant n’est pas là aujourd’hui. Après un petit tour de manège à Thionville-plage, nous nous sentons trop fatigués pour aller manger au restaurant, nous ramassons quelques tomates et un beau bouquet de persil dans un jardin partagé au camping, et améliorons ainsi notre dahl de lentilles.

6 août : La Lorraine industrielle, 45 km

Guillaume se lève plus tôt, et profite de ce moment calme pour entretenir les vélos. Quand tout le monde est levé, nous partons à pied à la découverte du centre de Thionville, que nous trouvons assez quelconque.

Centre de Thionville

Nous reprenons notre route le long de la Moselle et passons à côté des gigantesques anciens hauts-fourneaux d’Uckange, malheureusement fermés à la visite le lundi.

Nous pique-niquons sur les berges du canal de la Moselle, que nous suivons pendant quelques kilomètres. Nous traversons un pont au moment où une péniche rentre dans l’écluse en dessous de nous, nous pouvons nous rendre compte de la longueur interminable du bateau. Un peu plus loin nous voyons une autre péniche recevoir son chargement de grains.

Puis nous voilà dans l’agglomération de Metz, la circulation devient plus dense, mais Cassandre est toujours seule sur son vélo, la perspective de la piscine pour les deux jours qui viennent motive tout le monde. Mais à l’arrivée au camping, nous apprenons que la piscine est fermée. Écrasés par la chaleur, nous changeons nos plans, nous irons à la piscine à Épinal, et décidons de rentrer dès le lendemain. Pour ce soir, ça sera repos, et glaces aux jeux du camping pour le dessert.

7 août : Retour, 45 km

Cassandre est un peu malade au matin, nous vérifions les trains pour partir plus vite que prévu. Mais aucune combinaison de TER ne nous permet de rentrer vraiment plus tôt à Épinal, donc nous accrochons Cassandre au follow-me (nous nous apercevons à ce moment qu’il lui manque une vis) et partons pour une petite visite de Metz. En sortant du camping, nous nous dirigeons vers l’île du petit Saulcy, puis vers la place d’armes. Cassandre va mieux, nous visitons la cathédrale, et admirons les jolis vitraux de Jacques Villon et de Marc Chagall. Nous faisons un petit tour dans le centre ville qui nous amène jusqu’à la porte des Allemands, puis à la magnifique gare.

Nous quémandons de l’eau à l’accueil de la gare, il n’y a aucune fontaine accessible, alors que des panneaux nous rappellent qu’avec la chaleur, il faut s’hydrater. Nous rejoignons ensuite notre quai, par des escaliers, les ascenseurs n’étant pas assez grands (les gares allemands étaient mieux), et nous nous installons dans notre train pour Nancy. Nous pique-niquons au chaud sur le quai de la gare à l’arrivée, en attendant notre correspondance. Après une descente d’escalier et une traversée de la gare, nous embarquons dans notre deuxième train.

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À l’arrivée à Épinal, Cassandre est très motivée pour finir toute seule et rentrer à Dignonville, sous un soleil cuisant dans la jolie campagne vosgienne.

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D’Obernai à Seltz : canaux et forêt

19 juillet – Canaux et forts, 70 km

Nous plions le camp et achetons les dernières viennoiseries du boulanger avant de retraverser à vélo le centre d’Obernai, l’ambiance y est très différente en plein jour. Nous quittons la ville par une belle montée qui nous ramène dans les coteaux viticoles. Nous faisons une pause à Rosheim pour visiter l’église romane (un prélude aux villes allemandes sur notre trajet) et faire le marché.

Nous quittons la véloroute du vignoble d’Alsace à Molsheim, et devons emprunter une route passante, il y a moins d’aménagements cyclables dans le Bas-Rhin (depuis Sélestat) que dans le Haut-Rhin, nous nous y étions pourtant bien habitués ! Nous rejoignons le canal de la Bruche à Dachstein, et pique-niquons enfin.

Comme nous avons une grosse étape prévue aujourd’hui, nous repartons rapidement… Mais Jason a besoin d’une pause plus longue, nous devons donc nous arrêter à nouveau un peu plus loin, jusqu’à l’heure de sa sieste. Nous repartons ensuite le long de ce canal, à l’abandon depuis quelques décennies. Nous le quittons pour rejoindre un itinéraire cyclable repéré sur notre carte pour contourner Strasbourg : la piste des forts.

Nous pédalons dans une plaine vallonnée, où poussent maïs et autres céréales, où le soleil tape et les routes montent fort. Nous passons près de trois forts, construits à la fin du XVIIIe siècle, et parfois encore en activité aujourd’hui, qui témoignent du passé mouvementé de la région entre France et Allemagne, c’est passionnant, nous aurions volontiers continué sur cet itinéraire !

Nous rejoignons la zone commerciale de Wittelsheim pour récupérer notre chargeur de batterie commandé quelques jours avant, acheter des couches, et faire une pause goûter sur un petit bout de pelouse.

Nous pédalons ensuite le long du canal de la Marne au Rhin, moderne et très large, très différent de celui que nous avons suivi le matin.

Canal de la Marne au Rhin

Nous changeons de rive trop tard, et devons descendre un petit chemin de terre un peu glissant, difficile à négocier avec la carriole. Nous quittons le canal pour nous diriger vers la forêt de Haguenau, un petit passage sous l’autoroute nous fait gagner quelques kilomètres, mais vaut une chute à Guillaume, qui avait sous-estimé la largeur du chemin bétonné, et la profondeur de ses bas-côtés. Plus de peur que de mal, heureusement.

En route pour Haguenau

Nous finissons l’étape sur des routes départementales où les voitures roulent bien trop vite. L’entrée à la piscine étant comprise dans le prix du camping à Haguenau, nous allons nous y rafraîchir, avant de nous installer dans une petite cabane pour le repas.

20 juillet – Haguenau / Seltz, 45 km

La tente est trempée par l’orage de la nuit, nous la laissons sécher pendant que nous allons visiter le musée historique dans le centre de Haguenau : un très beau bâtiment abrite des collections de la préhistoire à l’époque moderne, avec une exposition passionnante sur les périodes protohistoriques, qui ont laissé de nombreuses sépultures dans des tumuli dans l’immense forêt alentour.

Après un rapide tour au marché, où nous trouvons de très bonnes pommes des moissons, nous rentrons au camping sous la pluie, et plions la tente à nouveau mouillée. Après un pique-nique au sec dans la même cabane que la veille, nous pédalons sur des routes forestières, les kilomètres défilent vite, encore plus quand il fait frais.

À travers la forêt d'Haguenau

Nous cherchons une église à colombage dans le mauvais village, mais nous y trouvons une place parfaite pour le goûter. Nous remarquons que, si l’habitat reste groupé en villages assez proches les uns des autres, les colombages ont disparu des maisons.

Une voie verte en légère descente nous permet de rejoindre le Rhin, et le camping de Seltz dans le joli delta de la Sauer, où nous montons la tente juste avant l’orage. Des tartes flambées, une trempette des pieds dans l’étang de la gravière tout proche, une douche et au lit !

D’Eguisheim à Obernai, toujours sur la véloroute du vignoble

17 juillet – Encore des vignes et des villages médiévaux, 45 km

Malgré une nuit agitée, nous arrivons à partir assez tôt, pour profiter des heures matinales moins chaudes. Nous continuons notre chemin à travers les vignes, qui dégagent au soleil une odeur âcre, probablement celle des produits épandus par des viticulteurs en combinaison intégrale que nous croisons.

À travers vignes

Nous voyons des arbres fruitiers croulant sous les fruits dans les vergers ou dans les jardins, nous ne pensions pas en trouver autant en Alsace. Nous faisons une pause bretzel, visite du très beau centre village et courses à Turckeim.

Nous reprenons la route vers 11h30 sous des nuages menaçants, avec l’objectif de pédaler encore une à deux heures avant le pique-nique. Jason en décide autrement, il a besoin de sa pause à midi et nous le fait comprendre, nous nous arrêtons donc sur la place de Benwihr pour manger nos sandwichs et nos tomates.

Les enfants ne veulent plus visiter de villages, les adultes en ont aussi eu assez, nous décidons donc de ne pas passer par d’autres villages alsaciens typiques et touristiques pourtant tout proches, et de continuer la véloroute à travers les vignes, maïs, vergers et cueillettes, sous un ciel menaçant et quelques gouttes à peine rafraîchissantes. Nous faisons tout de même une halte dans le centre médiéval de Bergheim, avec ses remparts, sa fontaine sur la place et ses fresques du XIIIe siècle dans l’église.

Nous allons au plus court jusqu’au camping de Sélestat, apparemment complet, mais finalement on nous attribue un très grand emplacement. Les enfants profitent des jeux, et nous mangeons puis jouons au Uno sur une table installée sous un petit auvent, à l’abri de la pluie qui tombe enfin.

18 juillet – Visite du château du Haut-Koenigsbourg

Nous nous dépêchons de prendre notre petit-déjeuner pour prendre la première navette qui monte jusqu’au château. Nous retrouvons à la gare d’autres cyclovoyageurs de notre camping, avec lesquels nous discutons tout le long du trajet. Nous optons pour une visite théâtralisée, et allons nous promener dans le jardin médiéval pour manger quelques viennoiseries en attendant. C’est une servante de la dame du château qui nous accompagne ensuite sur le site : il y a un banquet prévu ce soir, nous devons vérifier que tout est prêt, les enfants sont très enthousiastes, et les adultes se prennent au jeu.

Après un petit pique-nique dans la forêt, nous reprenons la navette qui nous ramène dans la fournaise à Sélestat, puis nous nous dirigeons vers la piscine. Le toboggan, la rivière d’eau et le bassin bébé font le bonheur de tout le monde pour le reste de l’après-midi.

Cassandre et Hector n’ont pas oublié le banquet médiéval, qui anime leurs jeux jusqu’à tard ce soir.

19 juillet – Sélestat / Obernai, 37 km

Nous replions rapidement le camp, et optons pour des viennoiseries pour gagner un peu de temps… mais c’était sans compter sur les cyclovoyageurs du camping avec qui nous discutons un long moment avant de monter en selle. Nous atteignons rapidement le charmant centre de Sélestat, où nous faisons quelques courses et quelques visites d’églises. Nous ne tentons pas la visite de la bibliothèque humaniste, l’heure nécessaire pour la découvrir aurait probablement eu raison de la motivation pourtant débordante d’Hector.

Nous retrouvons la véloroute au niveau du joli village viticole de Scherwiller, et pédalons à nouveau à travers les vignes. Cassandre pousse bien Marie dans les quelques rudes et courtes côtes, à vélo ou parfois à pied.

Après le pique-nique, il fait toujours aussi chaud, et les côtes sont toujours aussi vives, c’est dur, mais nous profitons des jolis paysages. La route de l’eurovélo fait un petit détour vers Andlau, joli village au pied de la montagne, puis nous fait traverser Gertwiller, où nous faisons le plein de pain d’épices.

Notre objectif d’étape du soir nous paraît encore bien loin, et un petit coup de fil au camping, complet, finit de nous décourager. Nous nous dirigeons donc vers le camping le plus proche, à Obernai, avec une piscine !

Après un long barbotage dans l’eau, nous rentrons manger nos pâtes à la tomate, puis nous reprenons les vélos pour une balade nocturne dans le centre d’Obernai. Nous marchons dans les rues médiévales, au pied du beffroi de l’hôtel de ville et le long des remparts, Cassandre profite bien de la balade malgré sa fatigue, Hector râle et Jason peine à trouver le sommeil sur le dos de Marie. Nous rentrons à la tente à la lumière de nos phares pour une bonne nuit de sommeil.

De Wittelsheim à Eguisheim, sur la véloroute du vignoble d’Alsace

13 juillet 2018 – Écomusée d’Alsace, 25 km

Au matin, Benoît nous propose de rester un soir de plus chez eux, nous acceptons avec plaisir et nous décidons de passer la journée à l’écomusée d’Alsace. Nous nous y rendons par des pistes cyclables, c’est vraiment facile de pédaler dans la région.

Des panneaux qu'on aimerait bien voir partout

Nous faisons le tour du village après notre pique-nique, il fait très chaud et tout semble endormi… Le village s’anime dans l’après-midi : nous assistons à une présentation du travail des animaux, faisons un tour de calèche, assistons ensuite à un cours d’histoire dans l’école, et bavardons dans l’auberge avec un accordéoniste.

Après une petite pause glace, nous reprenons les vélos pour rentrer chez les Transat’. Nous sommes invités pour la soirée chez les parents de Benoît pour l’anniversaire de sa maman, merci encore !

14 juillet 2018 – Les premières vignes, 26 km

Après le coucher tardif de la veille, tout le monde se réveille un peu tard, et nous prenons notre temps. Nous sommes enfin prêts à partir vers 11h, alors qu’il fait déjà bien chaud ; Alice et Benoît nous accompagnent un moment avec leur chien, c’est agréable de pédaler aussi nombreux !

Les Transats et les Pandas au grand complet

En arrivant au site de baignade de Panji, les enfants veulent continuer à pédaler, nous continuons notre trajet et quittons à regret Alice et Benoît.

Il y a des pistes cyclables partout dans la région, c’est génial, nous rejoignons sans difficulté la véloroute des vins d’Alsace, dans des paysages de piémont vosgien couvert de vignes. Nous devons éviter le centre de quelques villages à cause des festivités du 14 juillet, c’est dommage, nous manquons le cimetière fortifié de Hartmanswiller. Quand notre trajet s’enfonce dans les vignes par quelques rudes côtes, nous n’arrivons plus à avancer.

Ça monte dans les vignes

Il fait très chaud, Marie n’est vraiment pas en forme, les enfants en ont marre, nous décidons donc de raccourcir la journée et de nous arrêter au prochain camping, qui est encore à quelques kilomètres. Nous traversons le très joli centre de Soultz-Haut-Rhin et effleurons celui de Guebwiller avant d’atteindre notre destination.

À défaut de piscine, en travaux, les enfants filent aux jeux pendant que Guillaume va faire les courses, et nous nous couchons très tôt !

15 juillet 2018 – Au cœur de l’Alsace viticole, 32 km

Il fait déjà très chaud quand nous nous levons, le pliage du camp nous prend du temps, pour le plus grand plaisir des enfants qui retrouvent aux jeux leurs copains de la veille. Nous pédalons ensuite entre vignes et jolis villages, Cassandre en tête. La route est toute en montées et descentes, c’est un peu difficile, surtout avec la chaleur, mais les paysages en valent la peine.

Les coteaux des Vosges sont plantés de vignes, et les sommets couverts de forêts ; les villages présentent de belles maisons de grès rouge ou à colombages et de nombreuses caves viticoles ; les géraniums fleurissent les fontaines sur les places. Nous nous perdons un peu dans le très joli centre de Rouffach, puis faisons une grande pause à l’abri des tilleuls à Pfaffenheim : ils nous apportent de l’ombre pour notre repas, puis une protection contre quelques gouttes de pluie d’orage.

Nous laissons passer l’orage, mais personne n’a de motivation pour redémarrer… nous décidons donc de nous diriger vers le camping le plus proche, et nous arrivons assez vite à Eguisheim.

Une fois la tente montée, nous descendons visiter le centre ancien du village à pied. Il n’y a personne dans les rues, sauf dans celle où un bar a installé un écran pour retransmettre la finale de la coupe du monde de football masculin professionnel, nous sommes tranquilles pour nous promener. Nous visitons la chapelle romane Saint-Léon IX au très bel intérieur peint, puis nous nous promenons dans les rues aux maisons à colombages.

Devant l’insistance d’Hector, nous finissons par nous mettre en quête d’un restaurant. La plupart sont fermés en ce dimanche soir, nous trouvons toutefois une auberge à la limite du tracé circulaire des anciens remparts, où nous mangeons de très bonnes tartes flambées et spätzle. Nous nous endormons au son des klaxons des fans de foot.

Notre sommeil est gardé par les trois châteaux

16 juillet 2018 : Colmar, 17 km

Les enfants jouent dès leur lever avec nos voisins de tente, Augustin et Nathanaël, deux voyageurs à vélo de l’âge de Cassandre et Hector. Nous enfourchons nos vélos un peu plus tard pour rejoindre Colmar par des pistes cyclables le long des grands axes, nous sommes encore très surpris de voir qu’il y a un itinéraire vélo pour rejoindre chaque ville, c’est très pratique et agréable.

En route pour Colmar

Nous partons explorer le centre-ville à pieds. Après avoir admiré la maison aux cent têtes, nous nous mettons en quête d’un resto attirant, abordable et qui a de la place, ce qui nous prend un peu de temps.

Nous nous baladons encore un peu l’après-midi, surtout dans le quartier de la petite Venise, très agréable avec ses voies d’eau. Nous prenons une glace pour le goûter et faisons les magasins pour acheter à Jason ses premières chaussures, il est ravi.

De retour près des vélos, les enfants se trempent en jouant dans des jets d’eau, par cette chaleur, c’est un vrai plaisir.

Jeux d'eau

Après un deuxième goûter biscuité, nous quittons Colmar par un autre itinéraire, plus loin des grandes routes, et nous faisons une longue pause dans une cave pour déguster du vin bio d’Alsace, et s’en faire envoyer quelques bouteilles. Nous repartons avec une demi-bouteille dans le porte-bidon, que nous partageons le soir avec nos voisins de camping pendant que les enfants font des jeux de société ensemble. Nous partageons aussi nos repas et le kouglof d’anniversaire de Jason, qui reçoit l’aide de Cassandre et Hector pour souffler sa bougie.

Bon anniversaire Jason

De Dignonville à Wittelsheim, à travers les Vosges

Rentrés depuis deux semaines, il est temps de commencer le récit détaillé de ce mois à vélo entre France, Allemagne et Luxembourg 🙂 !

Partis le 7 juillet de Toulouse en voiture, nous ne commençons à pédaler que le 10 juillet, après avoir pris deux jours pour traverser la France en diagonale, et en avoir profité pour rendre visite à la famille.

10 juillet 2018 – Rejoindre et remonter la Moselle, 56 km

Avant de remonter la Moselle, il nous faut l’atteindre, nous pédalons donc dans la campagne vosgienne. Les paysages sont très vallonnés, entre champs de blés et de maïs et petits vergers.

Quand nous rejoignons un axe routier plus important, nous raccrochons Cassandre en follow-me. Les paysages changent petit à petit, les forêts de sapins et de chênes remplacent les champs, les activités humaines changent aussi : nous croisons une scierie, et une filature, flanquée de ses maisons ouvrières : pas de doute, nous sommes bien en Lorraine.

Nous rejoignons la Moselle juste avant la pause pique-nique à Eloyes, et la suivons sur des petites routes jusqu’à Remiremont, où nous poursuivons notre trajet sur la voie verte des Vosges. Cassandre et Hector peuvent avancer tout seul, et nous traversons notre premier rond point cycliste !

Le camping que nous visions est encore loin et l’après-midi bien entamé, nous trouvons par chance un point d’eau, et bivouaquons peu de temps après, dans un pré fauché en bord de Moselle.

Bivouac vosgien

11 juillet 2018 – Mine du Thillot, 23 km

Nous mettons le cap sur Le Thillot, où nous voulons visiter une ancienne mine. Nous pédalons toujours sur une ancienne voie ferrée, en douce montée, au pied des ballons des Vosges, aux sommets arrondis et aux flancs couverts de forêts de sapin.

Dans le piémont vosgien

Les fermes des petits villages ont de grandes portes arrondies, alors que dans les plus gros bourgs nous retrouvons des maisons ouvrières près d’anciennes filatures.

Nous atteignons notre destination en fin de matinée, et prenons le temps de visiter le petit musée dans l’ancienne gare, excellente entrée en matière avant la visite de la mine de cuivre exploitée entre les XVIe et XVIIIe siècles. Après un pique-nique sur la place de la gare, nous commençons la montée pour rejoindre le site, certains passages sont rudes, d’autant plus qu’il fait chaud, l’arrivée se fera en poussant pour l’équipe de Marie et Cassandre. Nous suivons ensuite le parcours de découverte du site : nous pouvons entrer dans certaines galeries, déambuler entre les rejets de stériles ou haldes, et observer des puits ennoyés, tout le monde y trouve son compte.

Nous profitons ensuite de la descente, avant de retourner sur la voie verte. Nous y pédalons seulement quelques kilomètres avant d’atteindre un super camping avec une piscine à toboggan, et des tartes flambées.

12 juillet 2018 – Traversée des Vosges, 60 km

Nous entrons directement dans le vif du sujet : la montée du col du ballon commence à quelques centaines de mètres seulement du camping. C’est parti pour neuf kilomètres, avec une pente régulière de 7 %. Nous faisons des pauses fréquentes pour boire, il fait chaud, et la route n’est pas toujours ombragée. Des cyclistes sans bagages nous doublent régulièrement.

Au bout de six ou sept kilomètres, nous commençons à faire descendre les deux enfants les plus grands, qui marchent à côté de nous, poussent un peu la carriole, et nous encouragent, ou râlent. Après de multiples pauses eau, fruits secs, et poussage, nous arrivons enfin au col, c’est l’heure du pique-nique, le taboulé est prêt.

Les ballons, et la plaine alsacienne

Le sommet du ballon est à un kilomètre à pieds, dans la brume, nous lui préférons une tarte aux myrtilles pour le dessert, assez médiocre malheureusement. Nous nous engageons ensuite dans une très longue descente.

C’est magnifique, la route suit un vallon arboré, propice à la randonnée. La route est en réfection, mais les ouvriers nous laissent heureusement passer (sinon nous aurions dû faire un très long détour). Nous arrivons au lac artificiel d’Alfeld, au milieu de la forêt ; il y a quelques baigneurs, nous serions bien tentés de nous poser là pour le reste de la journée et la nuit, mais nous sommes attendus dans la vallée ce soir, nous nous contentons donc de tremper nos pieds dans l’eau fraîche avant de reprendre la route.

Au bord du lac d'Alfeld

Après quelques lacets très impressionnants, nous longeons le lac naturel de Sewen, aux abords marécageux, puis nous trouvons sans nous y attendre la véloroute des berges de la Doller : une ancienne voie de chemin de fer qui nous permet d’avaler les kilomètres en pente douce sans effort, malgré un petit vent de face. Les villages aux noms alsaciens défilent, et nous avons même la surprise de voir une première cigogne à notre arrivée dans la plaine.

Après la pause goûter, nous quittons la véloroute à Burnhaupt-le-Haut, et suivons le tracé proposé par Google Maps pour rejoindre Wittelsheim. Il fait chaud, il commence à être tard et nous avons déjà une belle journée de vélo dernière nous, les derniers kilomètres sur des petites routes ou des pistes cyclables nous paraissent très longs.

À travers maïs après une longue journée de vélo

Nous arrivons enfin chez Alice et Benoît, nous sommes accueillis par le chien et une bière fraîche, et nous passons une super soirée tous ensemble, avec un repas et un coucher tardif.

Le long du canal latéral à la Garonne

Enfin à l'ombre et au calme du canal !

Le canal n’est pas le havre de paix et de fraîcheur espéré : il fait 32°C à l’ombre des platanes, et l’autoroute toute proche fait un boucan d’enfer. Mais les enfants peuvent à nouveau évoluer librement, et nous ne subissons plus le trafic beaucoup trop dense et rapide sur les derniers kilomètres.

Les enfants pédalent à leur rythme au bord du canal

Nous installons le bivouac au premier coin propice, et non occupé par un des nombreux pêcheurs, une fois le canal et l’autoroute suffisamment écartés pour espérer pouvoir dormir.

Coucher de soleil en bord de canal

Étape 7 : de Bruch à Agen… puis Toulouse

  • 27 km
  • 2 h de pédalage et 1h15 de train

Après une bonne nuit près du canal, nous sommes assez rapidement prêts à partir pour rejoindre Agen avant midi. Le chemin de halage est en bon état, il fait bon, nous avançons bien. Cassandre, motivée pour prendre le train, fait des poussées de moteur très efficace derrière Marie.

Le matin au bord du canal

Comme il y a trois ans, les graines de certaines plantes donnent un côté duveteux aux abords du canal. Des panneaux de véloroutes ont fleuri également, c’est bon signe pour le développement du tourisme à vélo 🙂

Nous avions bivouaqué ici il y a trois ans !
Nous avions bivouaqué ici il y a trois ans !

Plein de véloroutes !

Nous atteignons Agen par son impressionnant pont-canal, et après une petite visite du centre-ville, nous regagnons nos pénates en un jet de TER.

Le pont canal d'Agen
Le pont canal d’Agen

Agen

Agen

Jeux sur la place de la mairie d'Agen
Jeux sur la place de la mairie d’Agen

Retour en TER

La carte du trajet complet se trouve ici.

Le long du Lot

Étape 4 : de Luzech à Touzac

  • 38 km
  • 3 h de pédalage

Il nous est difficile de repartir aussi vite, nous avons manqué de temps pour discuter, alors au grand plaisir des enfants, nous prolongeons notre séjour chez la famille Velove jusqu’à midi. Après un petit tour à vélo dans Luzech et dans son marché et un dernier repas ensemble, nous partons en tout début d’après-midi pour suivre la véloroute du Lot.

Nous empruntons des petites routes où circulent quelques voitures, les enfants restent donc tractés. Il fait encore bien chaud, et le trajet est loin d’être plat. Nous surplombons assez souvent le Lot, ce qui nous offre quelques jolis points de vue.

Quand la vallée est large, c’est à travers vignes que nous roulons (nous sommes toujours dans le vignoble de Cahors). Le Lot, et sa véloroute, décrivent de larges boucles, nous en coupons quelques unes, ce qui nous permet de traverser quelques jolis villages, et de faire une pause goûter enchanteresse à Grezels.

L’arrivée sur Puy-l’Évêque nous offre une très jolie vue. Mais les innombrables virages à travers vignes qui suivent, avec un vent de face qui s’est levé, sonnent le glas de notre après-midi de pédalage, et nous nous jetons dans le premier camping trouvé, après une jolie côte !

Puy-l'Évêque

Étape 5 : de Touzac à Casseneuil

  • 57 km
  • 4 h 30 de pédalage

L’avantage d’être en hauteur, c’est la faible humidité la nuit :). La journée démarre bien, au frais, avec une belle descente et un joli pont traversé.

Un joli pont

Mais les paysages deviennent rapidement plus monotones : le relief s’aplanit, et les forêts et les vignes cèdent leur place aux champs et aux vergers. Les enfants profitent d’un morceau de voie ferrée transformée en voie verte à Fumel pour avancer seuls. Nous trouvons avec difficulté un coin sympa où pique-niquer à l’ombre : c’est un verger fraîchement tondu qui remplit parfaitement ce rôle, et même plus avec les chevreuils qui se promènent à sa bordure et qui nous laissent tout le loisir de les observer.

En arrivant à Villeneuve-sur-Lot, nous faisons un petit détour par le site archéologique d’Eysses, avant de filer dans le centre pour manger une glace et profiter du très joli centre-ville !

La sortie de Villeneuve se fait par une voie verte aux innombrables chicanes pénibles à négocier, mais qui nous fait traverser toutes les zones commerciales périphériques sans nous en rendre compte. On a cru ne pas pouvoir passer sur un pont, pile poil assez large pour la carriole ! Un bout de prairie en contrebas de la voie verte nous offre un super coin de bivouac et nous nous endormons au son des oiseaux nocturnes et des grenouilles.

Pont des Martinets sur la

Bivouac !

Étape 6 : de Casseneuil à Bruch

  • 63 km
  • 4 h 45 de pédalage
Yoga matinal
Yoga matinal

Les enfants profitent là encore de la voie verte, avant que nous ne retournions sur des petites routes à travers champs.

Seuls sur la voie verte au petit matin

Nous cuisons toujours autant par ce (trop) beau temps. La véloroute n’a que peu d’intérêt : grandes lignes droites à travers des zones pavillonnaires périurbaines interminables, ou à travers des champs d’agriculture trop intensive.

Miam, les bonnes fraises
Qui leur dit que le truc en dessous est de la terre et que c’est pas mal pour faire pousser les fraises ?

Le centre de certains villages vaut vraiment le coup d’œil tout de même, avec les bâtiments en pierre et brique fine.

On en a marre, on a chaud, on s’ennuie et une fois arrivé à la confluence du Lot et de la Garonne, nous n’avons qu’une seule idée en tête : nous extraire de ces routes de plus en plus fréquentées et rejoindre le canal.

À côté de la confluence Lot-Garonne

Sur les petites routes de la Bouriane

Étape 3 : de Bouzic à Luzech

  • 49 km
  • 4 h de pédalage
Au petit matin calme

Le réveil est froid et humide : 0°C et nous nous trempons les pieds avec l’abondante rosée. Nous remontons encore un peu le Céou sur des chemins et petites routes, puis nous coupons à travers causses vers la vallée du Lot, en empruntant au maximum de toutes petites routes.

Notre trajet nous amène dans de jolis petits villages, avec leur église souvent fortifiée.

Les forêts se peuplent de plus en plus de chênes verts, et le sol devient plus rocailleux. Nous profitons d’une belle descente vers Catus, et après une petite pause à l’ombre de la halle du village, nous longeons le lac vert par un chemin en forêt, puis nous engageons dans une montée de quelques kilomètres, sous un chaud soleil. Il fait 33°C à l’ombre, quel contraste par rapport à ce matin !

Il est déjà tard et nous choisissons ensuite la route la plus courte pour descendre dans la vallée du Lot rejoindre notre étape du soir : Luzech. Nous y rejoignons la Velove Family : Christophe, Valérie, Lalie, Esteban et Naïa, qui partent à vélo sur les routes du monde dix jours plus tard. Nous y passons une excellente soirée, où les six enfants jouent tous ensemble en laissant tout le loisir aux adultes de discuter autour de cartes (routières) et de bières !

Le long de la Dordogne et le Périgord noir

Étape 1 : de (Toulouse) Souillac à Vitrac-le-port

  • 48 km
  • 4 h 15 de pédalage

Malgré une côte cassée 2 semaines avant, deux angines trois jours plus tôt, des grèves SNCF intermittentes, et un réveil très matinal nous sommes motivés pour attraper notre TER ce dimanche 15 avril et nous traversons Toulouse à l’heure où  traînent les derniers fêtards. Cela se présente on ne peut mieux : notre quai nous évite d’avoir à monter et descendre des escaliers et notre TER dispose d’un grand espace vélo. Nous occupons les deux heures de trajet en prenant notre petit-déjeuner et en jouant au Dobble.

Un grand espace vélo dans notre TER
Souillac, départ de notre semaine de vacances
C’est parti pour une semaine de vacances !

Nous sortons de Souillac en quelques coups de pédales, et rejoignons rapidement les champs jaune vif de colza en fleurs et les vergers de noyers en bord de Dordogne.

Sur la voie verte le long de la Dordogne

Notre trajet emprunte ensuite la voie verte jusqu’à Sarlat-la-Canéda, par une ancienne voie ferrée, dans un corridor vert et ombragé mais un peu coupé du reste du paysage ; nous apprécions les quelques passages en dehors du tracé ferroviaire qui nous permettent d’apercevoir les jolis villages en pierre jaune, même s’ils impliquent des pentes un peu moins douces. Il y a de nombreux loueurs de vélos sur la voie verte à l’approche de Sarlat.

Nous faisons un petit tour dans le centre de Sarlat, et nous ne sommes pas seuls en ce beau dimanche de printemps… La ville a gardé une architecture médiévale homogène, un peu gâchée par les enseignes des très nombreux restaurants et autres vendeurs de “spécialités locales”.

Après une visite rapide de la jolie cathédrale, nous nous perdons dans quelques ruelles (en escalier, c’est plus facile avec les vélos) pleines de charme, avant de rejoindre la vallée de la Dordogne par des petites routes, le long des champs parsemés de séchoirs à tabac en bois.

Nous trouvons un camping à Vitrac-le-Port, ouvert mais quasiment désert, et retrouvons avec plaisir nos routines d’installation du camp, où Jason essaye de se trouver une place.

Jason "aide" à monter la tente

Étape 2 : de Vitrac-le-port à Bouzic

  • 34 km
  • 3 h de pédalage

Nous nous réveillons avec le soleil, c’est agréable de retrouver ce rythme. Il ne fait ni froid ni humide, nous prenons notre temps pour replier le camp pendant que les grands enfants jouent et que le tout petit occupe un des adultes presque à plein temps. Nous nous échauffons par une belle montée pour rejoindre Domme sur son éperon, d’abord au milieu des champs parsemés de beaux corps de fermes (avec encore des séchoirs à tabac), puis dans la forêt. Nous y pénétrons par une très belle porte fortifiée. Nous prenons le temps de faire le tour du village médiéval à pied, moins fréquenté que Sarlat en ce lundi matin, les enfants apprécient de laisser les vélos pour gambader un moment.

Nous redescendons près de la Dordogne pour pique-niquer, puis la suivons par des petites routes, avant de faire une nouvelle pause visite médiévale à La Roque-Gageac, agrémentée du passage des gabarres.

La Roque-Gageac

Nous atteignons ensuite rapidement la village de Castelnaud-la-Chapelle où nous quittons la Dordogne pour remonter le Céou. La véloroute est très bien fléchée, et emprunte un réseau de routes secondaires délaissées et de chemins. La vallée du Céou semble oubliée, c’est très agréable. Cassandre pédale seule, et Hector enfourche sa draisienne.

Nous posons le bivouac en cette chaude fin d’après-midi au bord d’un pré, et profitons du ruisseau à proximité pour nous rafraîchir.

Bivouac après Bouzic

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