Bilan de notre boucle entre Rhin et Moselle

Nous n’avions pas encore apporté de conclusion à notre boucle à vélo en famille entre France, Allemagne et Luxembourg, à travers les Vosges, le long du Rhin et de la Moselle. La voici sous forme de petit bilan !

  • 1109 km parcourus en 86 h, soit 12,9 km/h de moyenne
  • 4600 m de dénivelée (c’était donc bien plat !)
  • plus courte étape : 23 km (hors jours de pause)
  • plus longue étape : 73 km
  • 22 jours d’étapes, et 6 jours de pause (passés à pédaler pour visiter, mais en revenant au même endroit le soir 🙂 )
  • 3 trains pour couper des étapes pénibles et essayer d’échapper à la chaleur : 1 en Allemagne, 2 en France
  • beaucoup trop de kilomètres en voiture pour rejoindre notre point de départ/arrivée 🙁
  • âges des enfants : 6, 4 et 1 an

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Ce qu’on a peu aimé

  • la chaleur en Alsace
  • les paysages monotones le long du Rhin entre Karlsruhe et Mayence
  • la chaleur le long du Rhin
  • la chaleur en Lorraine
  • la difficulté à trouver des points d’eau potable

Ce qu’on a beaucoup aimé

  • les piscines pour se rafraîchir
  • la traversée des Vosges
  • les villages alsaciens, tous très chouettes à visiter (même s’ils sont très nombreux)
  • les méandres de la Moselle en Allemagne et au Luxembourg, plus “escarpés” que ceux du Rhin romantique
  • les espaces de jeux pour enfants en Allemagne
  • les Biergarten un peu partout, qui constituent de chouettes points de convivialité

Bilan humain

Le quotidien familial a été très facile : les gestes de bivouac et la place de chacun sont revenus tout de suite à tout le monde, l’équipe est rodée 😉

Les enfants grandissent :

  • Cassandre a décidé de prendre son envol à vélo : le follow-me, c’est fini pour elle
  • Hector va donc pouvoir le récupérer pour les prochaines vacances, la draisienne n’ayant pas eu un franc succès
  • Jason a fait ses premiers pas

Bilan matériel

Quelques pièces à resserrer (les vélos n’avaient pas eu droit à une révision très approfondie avant le départ), quelques craquements, et à part la casse d’une vis du follow-me, rien d’autre à signaler !

Nous arrivons à rentrer à 5 dans notre tente 4 places 🙂

De Trèves à Metz, du Luxembourg à la Lorraine industrielle

4 août – Bienvenue au Luxembourg, 45 km

La journée s’annonce encore très chaude mais nous arrivons à partir assez tôt ce matin. Le camping étant en bord de Moselle, nous sommes tout de suite sur la piste cyclable, Cassandre pédale seule.

Le long de la Moselle près de Trèves

Nous traversons une zone industrielle et portuaire, puis atteignons rapidement la frontière avec le Luxembourg, où le français refait son apparition. Nous avons lu que la piste est meilleure côté allemand, nous prenons donc un dernier bac pour retourner en Allemagne.

Nous quittons assez rapidement les paysages industriels (côté allemand comme côté luxembourgeois), et après le pique-nique, nous retrouvons des coteaux couverts de vignes. Nous longeons des petits terrains où sont installées des caravanes, avec un accès direct à la Moselle, pour la baignade ou le bateau.

Nous arrivons au camping à Nennig vers 16h, et traversons la Moselle pour aller à la piscine au Luxembourg, à Remich. Nous y restons jusqu’à ce que le soleil se voile, et y prenons nos douches, ce qui nous fait économiser le jeton du camping. Le soir, il fait encore très chaud, les trois enfants ont beaucoup de mal à s’endormir, et nous profiterons tous les cinq d’un feu d’artifice tardif avant de trouver enfin le sommeil.

5 août – Entre trois pays, 45 km

Nous arrivons à nouveau à partir assez tôt et retraversons la Moselle-frontière, pour acheter des viennoiseries luxembourgeoises. Nous restons sur cette rive pour quelques kilomètres, Cassandre est ravie de pédaler dans un nouveau pays. Nous arrivons à Shengen, où nous prenons le temps de parler de l’Europe avec les enfants et de manger nos viennoiseries (similaires aux françaises).

Nous retraversons ensuite la Moselle pour retourner en Allemagne, puis, de façon presque imperceptible, rejoindre la France : encore une fois pas de panneau, juste un changement de langue et de signalisation. Nous pédalons jusqu’à Sierck-les-Bains, où nous faisons une pause jeu et pique-nique, avant de grimper jusqu’au château pour une chouette visite.

Château de Sierck-les-bains

Nous rejoignons ensuite l’itinéraire cyclable, où les aménagements ne sont pas pensés pour les carrioles ou les vélos chargés (bienvenue en France !), et pédalons jusqu’à Thionville le long de la Moselle, par des petites routes, des chemins, et des détours pour les tracteurs de carriole que nous sommes.

Le camping est complet, mais nous nous installons avec une caravane dont l’occupant n’est pas là aujourd’hui. Après un petit tour de manège à Thionville-plage, nous nous sentons trop fatigués pour aller manger au restaurant, nous ramassons quelques tomates et un beau bouquet de persil dans un jardin partagé au camping, et améliorons ainsi notre dahl de lentilles.

6 août : La Lorraine industrielle, 45 km

Guillaume se lève plus tôt, et profite de ce moment calme pour entretenir les vélos. Quand tout le monde est levé, nous partons à pied à la découverte du centre de Thionville, que nous trouvons assez quelconque.

Centre de Thionville

Nous reprenons notre route le long de la Moselle et passons à côté des gigantesques anciens hauts-fourneaux d’Uckange, malheureusement fermés à la visite le lundi.

Nous pique-niquons sur les berges du canal de la Moselle, que nous suivons pendant quelques kilomètres. Nous traversons un pont au moment où une péniche rentre dans l’écluse en dessous de nous, nous pouvons nous rendre compte de la longueur interminable du bateau. Un peu plus loin nous voyons une autre péniche recevoir son chargement de grains.

Puis nous voilà dans l’agglomération de Metz, la circulation devient plus dense, mais Cassandre est toujours seule sur son vélo, la perspective de la piscine pour les deux jours qui viennent motive tout le monde. Mais à l’arrivée au camping, nous apprenons que la piscine est fermée. Écrasés par la chaleur, nous changeons nos plans, nous irons à la piscine à Épinal, et décidons de rentrer dès le lendemain. Pour ce soir, ça sera repos, et glaces aux jeux du camping pour le dessert.

7 août : Retour, 45 km

Cassandre est un peu malade au matin, nous vérifions les trains pour partir plus vite que prévu. Mais aucune combinaison de TER ne nous permet de rentrer vraiment plus tôt à Épinal, donc nous accrochons Cassandre au follow-me (nous nous apercevons à ce moment qu’il lui manque une vis) et partons pour une petite visite de Metz. En sortant du camping, nous nous dirigeons vers l’île du petit Saulcy, puis vers la place d’armes. Cassandre va mieux, nous visitons la cathédrale, et admirons les jolis vitraux de Jacques Villon et de Marc Chagall. Nous faisons un petit tour dans le centre ville qui nous amène jusqu’à la porte des Allemands, puis à la magnifique gare.

Nous quémandons de l’eau à l’accueil de la gare, il n’y a aucune fontaine accessible, alors que des panneaux nous rappellent qu’avec la chaleur, il faut s’hydrater. Nous rejoignons ensuite notre quai, par des escaliers, les ascenseurs n’étant pas assez grands (les gares allemands étaient mieux), et nous nous installons dans notre train pour Nancy. Nous pique-niquons au chaud sur le quai de la gare à l’arrivée, en attendant notre correspondance. Après une descente d’escalier et une traversée de la gare, nous embarquons dans notre deuxième train.

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À l’arrivée à Épinal, Cassandre est très motivée pour finir toute seule et rentrer à Dignonville, sous un soleil cuisant dans la jolie campagne vosgienne.

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De Coblence à Trèves, le charme de la Moselle

31 juillet – Un petit saut ferroviaire le long de la Moselle, 41 km

C’est encore une journée chaude qui s’annonce, tous les cyclistes du camping se lèvent tôt, le réveil très matinal de Jason nous permet de leur dire au revoir. Quant à nous, nous avons prévu de prendre le train pour éviter une portion trop proche de la grande route, nous ne nous pressons donc pas trop pour être à la gare après l’heure de pointe. Arrivés à la gare, nous trouvons des ascenseurs dans lesquels les vélos rentrent, et plein de place pour nous dans le train de 10h06, c’est facile ! Les paysages défilent vite sous nos yeux, la Moselle est un peu plus étroite que le Rhin, ses coteaux sont couverts de vignes et agrémentés de châteaux c’est très joli. Mais nous ne regrettons pas notre choix, nous voyons la piste cyclable le long de la route, et nous profitons de la climatisation.

Dans un train allemand

Le village de Cochem est tout à fait charmant, surplombé par un magnifique château fort.

Cochem

Après quelques courses de fruits et légumes, dont nous faisons grande consommation, nous nous mettons en route sur la piste qui longe la Moselle. Quelques courts passages longent la grande route, la majeure partie du temps nous pédalons sur une voie verte au milieu de la verdure, c’est agréable. Les pétroliers et vraquiers que nous voyions sur le Rhin naviguent aussi sur la Moselle, tout comme les bateaux de croisière. Nous longeons plusieurs écluses, immenses.

Nous arrivons au village de Zell par au-dessus, nous avons une belle vue sur les vignes et le château, nous décidons de nous y arrêter. Nous plantons la tente dans un camping sur la berge de la rivière, et nous nous y baignons en compagnie de cygneaux et de leurs parents, les enfants sont aux anges.

1er août – La Moselle viticole, 54 km

Nous sommes réveillés bruyamment à 6h30 par un hélicoptère qui fait des allers-retours au-dessus des vignes sur l’autre berge de la Moselle. Il épand des pesticides sur les raisins, et continue son manège pendant deux heures, de quoi nous couper toute envie de goûter les vins locaux.

Les bons vins de Moselle !
Les bons vins de Moselle !

Cassandre veut vraiment pédaler ce matin, nous avons un peu peur qu’elle nous ralentisse alors que nous avons prévu une assez grande journée, mais elle nous impressionne par sa motivation et son énergie, elle avance sans problème à notre vitesse.

Les nuages de pluie nous rattrapent, et nous faisons une pause pique-nique à l’abri des arbres près d’un mini-golf, parfaite aire de jeu pour les enfants. Nous repartons quand la pluie diminue, nous voyons beaucoup de vignes, de weingut, de chambres d’hôtes et de restaurants sur notre trajet, un apfelstrudel nous tenterait bien… mais quand arrive l’heure du goûter nous ne croisons plus de restaurants !

Nous arrivons à Bernkastel en fin d’après-midi, nouvelle étape complète pour Cassandre. Nous rejoignons le camping un peu en amont. Après avoir monté la tente, on rejoint le centre de la petite ville, pour profiter de la très belle place médiévale, et manger au restaurant.

2 août – Longue journée au soleil, 73 km

Nous voulons arriver jusqu’à Trèves, et éviter de pédaler pendant la journée très chaude du lendemain. Cassandre est attelée, nous pédalons encore entre vignes et coteaux, petites courses et pause bretzel, et raisins de vigne plus ou moins à l’abandon. La véloroute nous fait parfois grimper dans les vignes, c’est dur, mais nous avons un panorama magnifique.

Nous faisons une très longue pause autour de midi près de jeux d’eau, les enfants s’en donnent à cœur joie, pendant que les adultes profitent d’un moment de repos à l’ombre. Nous repartons après avoir mouillé nos t-shirts, mais le rafraîchissement est de courte durée. Cassandre, motivée pour finir l’étape, roule en tête, et Guillaume, chargé de la carriole et d’Hector et de Jason, a du mal à la suivre. Nous dépassons encore quelques écluses.

À l’arrivée à Trèves, nous sommes épuisés, nous montons le camp et prévoyons de manger au Biergarten du camping… fermé aujourd’hui, ça sera donc pâtes et au lit !

3 août – Trèves, 9 km

Nous prenons notre temps ce matin, pour écrire les cartes postales et faire un peu de lessive, puis nous nous dirigeons vers le centre ville. Nous empruntons le pont romain pour traverser la Moselle, puis nous observons des anciennes grues du XVe le long du fleuve, et pédalons jusqu’à la Porte Noire. Le monument, romain, a été transformé en église au Moyen-Âge, puis a retrouvé son aspect initial grâce à Napoléon.

Nous allons ensuite manger dans un restaurant spécialisé en pommes de terre, c’est pas mal, mais il y fait très chaud. Nous prenons une glace dans la rue en dessert, puis cherchons un peu de frais dans l’église Notre-Dame de Trèves, au joli plan en rosace, et dans la cathédrale Saint-Pierre qui lui est accolée. Nous cheminons ensuite jusqu’à la basilique de Constantin, qui abrite aujourd’hui un temple protestant, avant de rejoindre le musée rhénan, pour une visite des collections archéologiques.

En sortant, nous nous dirigeons vers les thermes romains impériaux, inachevés, mais qui comportent un réseau de souterrains bien frais. Encore une glace et quelques courses avant de rentrer au camping, et à son Biergarten pour le repas du soir.

De Mayence à Coblence, le Rhin romantique

27 juillet : Mainz / Rudesheim, 44 km

Après un petit tour dans Wiesbaden, ville banlieue de Mayence où se situait notre camping, pour chercher une boulangerie, nous continuons notre trajet le long du Rhin ; Cassandre pédale toute seule à un bon rythme. Nous longeons un grand port de marchandises, puis la banlieue de Mayence, avec des ports de plaisance et des promenades très soignées. Des tours fortifiées et des colombages commencent à apparaître dans les villages.

Nous faisons une longue pause à Eltville, les enfants jouent dans le sable, et vont se rincer dans le Rhin avant de repartir. Nous faisons de courtes pauses régulières l’après-midi pour profiter de la moindre parcelle d’ombre, observer une ancienne grue de chargement en bois, et cueillir quelques mûres pour redonner un peu d’énergie à Cassandre qui s’endort sur son vélo. Nous avons vue sur le Rhin la majeure partie du temps, c’est très agréable.

Peu avant d’atteindre le bac que nous voulions emprunter pour rejoindre un camping, nous longeons un autre camping, et entendons les cris de joie d’enfants dans la piscine toute proche, nous n’hésitons pas une seconde et finissons là notre journée de vélo. Nous nous relevons juste en début de nuit (pour ceux qui ne dormaient pas encore) pour contempler l’éclipse de Lune.

28 juillet : Rudesheim / Sankt Goar, 35 km

Cassandre veut pédaler seule ce matin, c’est donc à trois vélos distincts que nous quittons le camping. Nous rejoignons le village de Rudesheim pour y prendre notre petit-déjeuner et nous promener dans le très joli et très touristique centre médiéval, sous une belle averse.

Nous voulions prendre un télésiège pour observer les vignes et le fleuve d’un autre point de vue, mais le temps couvert nous en dissuade, nous rejoignons le bac et traversons le Rhin pour rejoindre Bingen. Cassandre est très fière d’embarquer toute seule sur son vélo.

C’est à la sortie de la ville de Bingen que le Rhin, jusqu’alors très large, s’engage dans un étroit défilé. Au milieu du fleuve se dresse la Tour aux Souris sur une petite île, face à un château sur l’autre rive. Les coteaux sont couverts de forêts, parfois entrecoupées de petites parcelles de vigne, et surplombés régulièrement par des château.

Après le pique-nique, Cassandre nous pousse à repartir pour profiter du vent de dos qui s’est levé. Mais le vent tourne rapidement, et s’accompagne d’une belle pluie d’orage, nous nous abritons tant bien que mal sous les arbres.

Après l’averse, nous rejoignons le village de Bacharach, et nous perdons dans ses jolies ruelles médiévales pour une pause goûter.

Nous faisons une nouvelle pause à Oberwesel, face à son église rouge, pour faire des courses cette fois-ci.

Cassandre pédale toujours toute seule, et a hâte d’arriver, et de finir sa première étape complète.

À l’approche du mythique rocher de la Lorelei, elle s’invente des histoires de monstres. Le cours du fleuve suit des courbes assez serrées, et s’affine jusqu’au pied du fameux rocher.

La Lorelei

Nous nous installons dans le camping juste en face, avec un beau panorama, certes moins impressionnant que dans notre imagination, et encombré de camping-cars, mais beau quand même.

29 juillet : Sankt Goar / Koblenz, 44 km

Nous avons trouvé du gaz à l’épicerie du camping, nous prenons donc un petit déjeuner avec thé chaud et porridge ! Nous attelons Cassandre, en lui promettant une surprise dans la matinée.

À Boppard, nous garons les vélos pour changer de moyen de transport, nous montons sur un vieux télésiège qui nous permet d’embrasser du regard un large méandre du Rhin. Nous survolons vignes et forêt pendant vingt minutes, c’est magnifique, adultes et enfants sont ravis. Arrivés au sommet nous marchons pour rejoindre deux jolis points de vue, nous n’avons pas pensé à monter le pique-nique, dommage. Jason marche pour le retour vers le télésiège, en tenant fermement les mains de sa sœur et de son frère.

Nous remontons sur nos siège en bois pour vingt minutes de descente, pendant lesquelles une bourrasque arrache la casquette de la tête d’Hector. Nous pique-niquons sur les berges du Rhin, et avons bien du mal à remonter en selle, il fait trop chaud.

Nous pédalons le long du fleuve, et profitons de la vue sur les jolis villages en face, et les châteaux plus ou moins en ruines sur les hauteurs.

À l’approche de Coblence, les Biergarten et clubs d’activités nautiques se font plus présents. Nous entrons dans la ville en suivant le Rhin. Un festival nous empêche de le suivre jusqu’au Deutsches Eck, point de confluence entre le Rhin et la Moselle, nous bifurquons donc pour rejoindre notre camping, de l’autre côté de la Moselle où les enfants sont ravis de retrouver leur grande copine Chloé.

Deutsches Eck

30 juillet : Koblenz, 6 km

Nous prenons notre temps ce matin, nous n’avons pas besoin de démonter la tente, ça fait du bien ! Nous nous dirigeons à pied vers le petit bac pour traverser la Moselle, mais pas de chance, il n’est pas en fonction aujourd’hui… nous voilà donc de retour au camping pour récupérer les vélos et faire le tour par le pont.

Nous trouvons une nouvelle casquette pour Hector avant de prendre le téléphérique qui nous emmène jusqu’à la citadelle de l’autre côté du Rhin. La vue depuis la cabine est superbe.

Télécabine de Coblence

Nous arrivons sur une esplanade où la pelouse est toute sèche, et partons visiter le site. C’est une très grande forteresse modifiée à travers les âges, le plan pour se repérer entre les différentes expositions est très difficile à lire, nous errons un peu au hasard. Nous prenons notre temps dans une exposition archéologique, c’est l’occasion de revoir toutes les périodes préhistoriques avec les enfants. Nous traversons ensuite une exposition de canons, puis la reconstitution d’un appartement dans la forteresse dans les années 1950. Nous passons assez brièvement dans une dernière exposition, pourtant assez ludique, mais les enfants ont faim, c’est le moment pour nous de reprendre le téléphérique, et d’aller en quête d’un restaurant.

Une fois nos ventres remplis de spätzle, nous faisons un petit tour dans la ville, puis retournons sur les berges du Rhin pour une balade en bateau. À force de croiser ou doubler des bateaux de croisière, nous avons eu envie d’en avoir un petit aperçu. Cassandre s’ennuie au bout de quelques minutes, mais finalement tout le monde se laisse porter par le rythme lent du bateau, et l’inactivité totale. Au bout d’une heure de navigation sur le Rhin et la Moselle, ce qui était bien, et suffisant, nous rejoignons la terre ferme pour manger une glace puis jouer dans un super parc plein de jeux d’eau à côté d’un Biergarten.

Au camping, les enfants retrouvent Chloé, ainsi que deux jeunes Suisses de leurs âges, et les parents discutent voyage à vélo et en famille en préparant chacun ses pâtes.

De Seltz à Mayence, le Rhin industriel

22 juillet – Passage de frontière, 53 km

Le Rhin à Seltz

Après une nuit peu reposante avec le bruit sourd des péniches remontant le Rhin, les enfants filent jouer sur la plage dès le matin, pendant que les parents replient le camp. Nous traversons la grande et magnifique zone humide du delta de la Sauer, puis après avoir trouvé une boulangerie nous mangeons notre petit déjeuner en observant des cygnes.

Nous traversons des zones boisées entre Rhin et étangs, c’est très agréable pour pédaler. Nous croisons aussi des ports et usines.

La frontière avec l’Allemagne est quasiment inexistante, nous traversons un petit pont sur un ruisseau, et les panneaux sont en allemand de l’autre côté. Nous sommes déçus de ne pas avoir vu un joli panneau « Allemagne ».

Nous prenons ensuite notre premier bac pour traverser le Rhin, et un des passagers nous donne quelques pièces « pour offrir des glaces aux enfants », nous voilà bien accueillis dans ce nouveau pays. Nous pique-niquons près d’un étang, et glanons quelques pommes pour le dessert.

À l’approche de l’agglomération de Karlsruhe, on nous conseille de faire le tour du port, plus long, mais qui évite de hisser les vélos et la carriole sur la passerelle via un escalier. Nous voilà dons partis pour un grand tour, entre zones de connexions routières et zones presque sauvages, c’est long ! Nous rejoignons le Rhin pour le goûter, et commençons à envisager le bivouac pour ce soir, mais il nous faut d’abord quitter cette zone très industrielle et trouver de l’eau (potable). Nous suivons un petit canal très bucolique, qui traverse une raffinerie, des gros tuyaux longent notre voie, nous passons même sous un pont de tuyaux qui relie les deux parties du site pétrolier. De retour sur la berge du fleuve, nous observons un instant le ballet des péniches qui vont et viennent chargées de pétrole.

Nous cherchons de l’eau pour le bivouac, les points d’eau accessibles sont très rares, nous trouvons enfin un robinet près de terrains de tennis. Poursuivis par des nuages menaçants, nous bifurquons entre deux champs de maïs pour nous installer dans un verger. Finalement l’orage nous épargne, contrairement aux moustiques et aux tiques, mais nous avons encore de bonnes pommes des moissons mûres à point pour le dessert.

Bivouac dans un verger

23 juillet – Sur les digues du Rhin, 61 km

Nous quittons notre bivouac pas trop tard, et nous dirigeons entre vergers et étangs vers la ville de Germersheim, de l’autre côté du Rhin.

Après quelques courses, des jeux et un pique-nique près d’une porte monumentale de la ville, nous reprenons la route sous une chaleur écrasante.

Germersheim

Nous trouvons de l’eau dans une station-service, puis cheminons sur des digues, entre des champs de maïs et de blé. Nous mettons un peu de musique pour nous aider à avancer.

Nous sommes contents d’arriver enfin à Speyer après cette journée monotone et très chaude. Le camping est un peu difficile à trouver, pas du tout indiqué, et très cher. Il est situé en bordure d’un étang, nous négocions avec les enfants, et échangeons la baignade contre une glace. Nous reprenons les vélos pour aller visiter le centre-ville, assez inintéressant, et la très belle cathédrale romane aux toits de cuivre, et manger une glace.

De retour au camping, nous profitons des tables et bancs du camping pour manger et faire nos carnets.

24 juillet – Le Rhin industriel, 60 km

Nous ne partons pas aussi tôt que nous le voulions, et nous subissons la chaleur dès les premiers coups de pédale. Nous cheminons toujours sur les digues du Rhin, entre les champs de maïs, sans même apercevoir le fleuve.

L’arrivée près de Mannheim nous plonge à nouveau dans l’Allemagne industrielle, avec des gigantesques usines et cheminées. Après une traversée du Rhin en bac à Altrip (les enfants adorent le bac, alors nous le préférons aux ponts), nous voilà au pied d’immenses centrales électriques, plus ou moins récentes, et d’une usine Unilever… l’ambiance est particulière.

Bac d'Altrip

Nous arrivons dans une forêt, où nous pique-niquons à l’ombre des arbres, avant d’atteindre le centre de Mannheim. La ville a été reconstruite après la seconde guerre mondiale, organisée en carrés, cela nous rappelle les villes argentines. Nous faisons la fin du marché sur la place principale, et nous nous voyons offrir une barquette de myrtilles bio, miam !

L’eurovélo nous emmène ensuite sur les berges de la Necker, en face d’une interminable usine BASF.

Le long de l'usine BASF interminable

Toutes ces usines ont un côté fascinant pour nous qui n’en voyons quasiment jamais. Nous faisons une petite pause à l’ombre du seul bosquet, en compagnie d’une famille suisse déjà croisée au camping de Spire. Nous empruntons ensuite un petit bac à crémaillère pour traverser la Necker, et pédalons au milieu des champs pour rejoindre notre camping.

Bac à crémaillère

Nous profitons du petit étang privé pour une baignade rafraîchissante, et d’une table pour manger et faire les carnets, comme d’habitude.

25 juillet – Toujours entre maïs et usines, 59 km

Nous arrivons à quitter le camping pas trop tard, et nous avons planifié nos traversées du Rhin pour raccourcir au maximum le trajet, il fait trop chaud pour faire des détours.

Centrale au petit matin

Après avoir aperçu un lièvre dans un champ, nous prenons un bac à Gernsheim, plus grand et plus moderne que les précédents. Nous voilà à nouveau sur les digues, au milieu des champs d’oignons en pleine récolte, nous en ramassons quelques-uns tombés sur le chemin pour le repas de ce soir.

Le trajet est très ennuyeux, et il très fait chaud, ni Cassandre ni ses parents n’ont une grande motivation pour pédaler. Nous nous installons près de l’aérodrome d’Oppenheim pour le pique-nique, et restons un long moment regarder les planeurs décoller. Nous avons même le plaisir de voir quelques chevreuils.

Le paysage change ensuite doucement, les berges s’élèvent et les vignes apparaissent, tandis que les industries et les champs de maïs disparaissent. L’environnement plus agréable et les t-shirts mouillés dans l’eau d’une fontaine nous redonnent un peu de courage pour la fin de la journée. Nous rejoignons le Rhin pour les dix derniers kilomètres, sur un bon chemin de terre.

Nous traversons Mayence et le Rhin pour rejoindre le camping, où nous discutons avec un couple et une famille australiens à vélo.

Nous allons ensuite au parc pour que les enfants jouent, mais une averse éclate à notre arrivée. Guillaume rentre fermer la carriole, et Marie et les enfants se réfugient sous un kiosque, avec une grande famille qui s’était réunie pour un pique-nique, et « Oma » leur offre à boire et à manger.

La soirée au camping se passe à échanger des conseils sur nos trajets respectifs avec les nombreux voyageurs, à vélo ou à pieds.

26 juillet – Visite de Mayence, 8 km

Le camping est situé près d’une voie ferrée et sous le couloir d’approche d’un aéroport, nous passons une nuit peu reposante, qui se termine très très tôt pour Jason. Guillaume se promène une heure avec lui, puis Marie prend le relais et va chercher des viennoiseries pour le petit déjeuner. Nous reprenons les vélos pour aller dans le centre de Mayence, de l’autre côté du fleuve, pour cette chaude journée de pause.

Nous nous promenons dans le centre, avec quelques jolis maisons à colombage : cela nous paraît moins artificiel qu’en Alsace, les façades sont beaucoup moins uniformes. Marie s’achète de nouvelles pédales pour tenter de faire disparaître un “clac” quand elle pédale, puis nous visitons la cathédrale aux piliers massifs, avant de nous réfugier dans une ancienne glacière transformée en brasserie-restaurant, lieu idéal pour ce midi. Nous montons ensuite sur le site de l’ancienne forteresse, et allons visiter une église dont les vitraux sont signés Chagall, c’est tout bleu et vraiment très beau.

Nous mettons ensuite cap sur le musée Gutenberg, où l’on apprend que l’imprimerie à caractères mobiles, si elle a bien été inventée par Gutenberg en Occident, existait déjà en Asie plusieurs siècles auparavant.

Après une pause glace, nous rentrons au camping prendre nos maillots de bain pour aller à la piscine toute proche. Nous y restons jusqu’à la fermeture, il fait vraiment meilleur dans l’eau ! De retour au camping, nous discutons longtemps avec un couple français, pendant que leur grande fille Chloé joue avec les enfants.

D’Obernai à Seltz : canaux et forêt

19 juillet – Canaux et forts, 70 km

Nous plions le camp et achetons les dernières viennoiseries du boulanger avant de retraverser à vélo le centre d’Obernai, l’ambiance y est très différente en plein jour. Nous quittons la ville par une belle montée qui nous ramène dans les coteaux viticoles. Nous faisons une pause à Rosheim pour visiter l’église romane (un prélude aux villes allemandes sur notre trajet) et faire le marché.

Nous quittons la véloroute du vignoble d’Alsace à Molsheim, et devons emprunter une route passante, il y a moins d’aménagements cyclables dans le Bas-Rhin (depuis Sélestat) que dans le Haut-Rhin, nous nous y étions pourtant bien habitués ! Nous rejoignons le canal de la Bruche à Dachstein, et pique-niquons enfin.

Comme nous avons une grosse étape prévue aujourd’hui, nous repartons rapidement… Mais Jason a besoin d’une pause plus longue, nous devons donc nous arrêter à nouveau un peu plus loin, jusqu’à l’heure de sa sieste. Nous repartons ensuite le long de ce canal, à l’abandon depuis quelques décennies. Nous le quittons pour rejoindre un itinéraire cyclable repéré sur notre carte pour contourner Strasbourg : la piste des forts.

Nous pédalons dans une plaine vallonnée, où poussent maïs et autres céréales, où le soleil tape et les routes montent fort. Nous passons près de trois forts, construits à la fin du XVIIIe siècle, et parfois encore en activité aujourd’hui, qui témoignent du passé mouvementé de la région entre France et Allemagne, c’est passionnant, nous aurions volontiers continué sur cet itinéraire !

Nous rejoignons la zone commerciale de Wittelsheim pour récupérer notre chargeur de batterie commandé quelques jours avant, acheter des couches, et faire une pause goûter sur un petit bout de pelouse.

Nous pédalons ensuite le long du canal de la Marne au Rhin, moderne et très large, très différent de celui que nous avons suivi le matin.

Canal de la Marne au Rhin

Nous changeons de rive trop tard, et devons descendre un petit chemin de terre un peu glissant, difficile à négocier avec la carriole. Nous quittons le canal pour nous diriger vers la forêt de Haguenau, un petit passage sous l’autoroute nous fait gagner quelques kilomètres, mais vaut une chute à Guillaume, qui avait sous-estimé la largeur du chemin bétonné, et la profondeur de ses bas-côtés. Plus de peur que de mal, heureusement.

En route pour Haguenau

Nous finissons l’étape sur des routes départementales où les voitures roulent bien trop vite. L’entrée à la piscine étant comprise dans le prix du camping à Haguenau, nous allons nous y rafraîchir, avant de nous installer dans une petite cabane pour le repas.

20 juillet – Haguenau / Seltz, 45 km

La tente est trempée par l’orage de la nuit, nous la laissons sécher pendant que nous allons visiter le musée historique dans le centre de Haguenau : un très beau bâtiment abrite des collections de la préhistoire à l’époque moderne, avec une exposition passionnante sur les périodes protohistoriques, qui ont laissé de nombreuses sépultures dans des tumuli dans l’immense forêt alentour.

Après un rapide tour au marché, où nous trouvons de très bonnes pommes des moissons, nous rentrons au camping sous la pluie, et plions la tente à nouveau mouillée. Après un pique-nique au sec dans la même cabane que la veille, nous pédalons sur des routes forestières, les kilomètres défilent vite, encore plus quand il fait frais.

À travers la forêt d'Haguenau

Nous cherchons une église à colombage dans le mauvais village, mais nous y trouvons une place parfaite pour le goûter. Nous remarquons que, si l’habitat reste groupé en villages assez proches les uns des autres, les colombages ont disparu des maisons.

Une voie verte en légère descente nous permet de rejoindre le Rhin, et le camping de Seltz dans le joli delta de la Sauer, où nous montons la tente juste avant l’orage. Des tartes flambées, une trempette des pieds dans l’étang de la gravière tout proche, une douche et au lit !

D’Eguisheim à Obernai, toujours sur la véloroute du vignoble

17 juillet – Encore des vignes et des villages médiévaux, 45 km

Malgré une nuit agitée, nous arrivons à partir assez tôt, pour profiter des heures matinales moins chaudes. Nous continuons notre chemin à travers les vignes, qui dégagent au soleil une odeur âcre, probablement celle des produits épandus par des viticulteurs en combinaison intégrale que nous croisons.

À travers vignes

Nous voyons des arbres fruitiers croulant sous les fruits dans les vergers ou dans les jardins, nous ne pensions pas en trouver autant en Alsace. Nous faisons une pause bretzel, visite du très beau centre village et courses à Turckeim.

Nous reprenons la route vers 11h30 sous des nuages menaçants, avec l’objectif de pédaler encore une à deux heures avant le pique-nique. Jason en décide autrement, il a besoin de sa pause à midi et nous le fait comprendre, nous nous arrêtons donc sur la place de Benwihr pour manger nos sandwichs et nos tomates.

Les enfants ne veulent plus visiter de villages, les adultes en ont aussi eu assez, nous décidons donc de ne pas passer par d’autres villages alsaciens typiques et touristiques pourtant tout proches, et de continuer la véloroute à travers les vignes, maïs, vergers et cueillettes, sous un ciel menaçant et quelques gouttes à peine rafraîchissantes. Nous faisons tout de même une halte dans le centre médiéval de Bergheim, avec ses remparts, sa fontaine sur la place et ses fresques du XIIIe siècle dans l’église.

Nous allons au plus court jusqu’au camping de Sélestat, apparemment complet, mais finalement on nous attribue un très grand emplacement. Les enfants profitent des jeux, et nous mangeons puis jouons au Uno sur une table installée sous un petit auvent, à l’abri de la pluie qui tombe enfin.

18 juillet – Visite du château du Haut-Koenigsbourg

Nous nous dépêchons de prendre notre petit-déjeuner pour prendre la première navette qui monte jusqu’au château. Nous retrouvons à la gare d’autres cyclovoyageurs de notre camping, avec lesquels nous discutons tout le long du trajet. Nous optons pour une visite théâtralisée, et allons nous promener dans le jardin médiéval pour manger quelques viennoiseries en attendant. C’est une servante de la dame du château qui nous accompagne ensuite sur le site : il y a un banquet prévu ce soir, nous devons vérifier que tout est prêt, les enfants sont très enthousiastes, et les adultes se prennent au jeu.

Après un petit pique-nique dans la forêt, nous reprenons la navette qui nous ramène dans la fournaise à Sélestat, puis nous nous dirigeons vers la piscine. Le toboggan, la rivière d’eau et le bassin bébé font le bonheur de tout le monde pour le reste de l’après-midi.

Cassandre et Hector n’ont pas oublié le banquet médiéval, qui anime leurs jeux jusqu’à tard ce soir.

19 juillet – Sélestat / Obernai, 37 km

Nous replions rapidement le camp, et optons pour des viennoiseries pour gagner un peu de temps… mais c’était sans compter sur les cyclovoyageurs du camping avec qui nous discutons un long moment avant de monter en selle. Nous atteignons rapidement le charmant centre de Sélestat, où nous faisons quelques courses et quelques visites d’églises. Nous ne tentons pas la visite de la bibliothèque humaniste, l’heure nécessaire pour la découvrir aurait probablement eu raison de la motivation pourtant débordante d’Hector.

Nous retrouvons la véloroute au niveau du joli village viticole de Scherwiller, et pédalons à nouveau à travers les vignes. Cassandre pousse bien Marie dans les quelques rudes et courtes côtes, à vélo ou parfois à pied.

Après le pique-nique, il fait toujours aussi chaud, et les côtes sont toujours aussi vives, c’est dur, mais nous profitons des jolis paysages. La route de l’eurovélo fait un petit détour vers Andlau, joli village au pied de la montagne, puis nous fait traverser Gertwiller, où nous faisons le plein de pain d’épices.

Notre objectif d’étape du soir nous paraît encore bien loin, et un petit coup de fil au camping, complet, finit de nous décourager. Nous nous dirigeons donc vers le camping le plus proche, à Obernai, avec une piscine !

Après un long barbotage dans l’eau, nous rentrons manger nos pâtes à la tomate, puis nous reprenons les vélos pour une balade nocturne dans le centre d’Obernai. Nous marchons dans les rues médiévales, au pied du beffroi de l’hôtel de ville et le long des remparts, Cassandre profite bien de la balade malgré sa fatigue, Hector râle et Jason peine à trouver le sommeil sur le dos de Marie. Nous rentrons à la tente à la lumière de nos phares pour une bonne nuit de sommeil.

De Wittelsheim à Eguisheim, sur la véloroute du vignoble d’Alsace

13 juillet 2018 – Écomusée d’Alsace, 25 km

Au matin, Benoît nous propose de rester un soir de plus chez eux, nous acceptons avec plaisir et nous décidons de passer la journée à l’écomusée d’Alsace. Nous nous y rendons par des pistes cyclables, c’est vraiment facile de pédaler dans la région.

Des panneaux qu'on aimerait bien voir partout

Nous faisons le tour du village après notre pique-nique, il fait très chaud et tout semble endormi… Le village s’anime dans l’après-midi : nous assistons à une présentation du travail des animaux, faisons un tour de calèche, assistons ensuite à un cours d’histoire dans l’école, et bavardons dans l’auberge avec un accordéoniste.

Après une petite pause glace, nous reprenons les vélos pour rentrer chez les Transat’. Nous sommes invités pour la soirée chez les parents de Benoît pour l’anniversaire de sa maman, merci encore !

14 juillet 2018 – Les premières vignes, 26 km

Après le coucher tardif de la veille, tout le monde se réveille un peu tard, et nous prenons notre temps. Nous sommes enfin prêts à partir vers 11h, alors qu’il fait déjà bien chaud ; Alice et Benoît nous accompagnent un moment avec leur chien, c’est agréable de pédaler aussi nombreux !

Les Transats et les Pandas au grand complet

En arrivant au site de baignade de Panji, les enfants veulent continuer à pédaler, nous continuons notre trajet et quittons à regret Alice et Benoît.

Il y a des pistes cyclables partout dans la région, c’est génial, nous rejoignons sans difficulté la véloroute des vins d’Alsace, dans des paysages de piémont vosgien couvert de vignes. Nous devons éviter le centre de quelques villages à cause des festivités du 14 juillet, c’est dommage, nous manquons le cimetière fortifié de Hartmanswiller. Quand notre trajet s’enfonce dans les vignes par quelques rudes côtes, nous n’arrivons plus à avancer.

Ça monte dans les vignes

Il fait très chaud, Marie n’est vraiment pas en forme, les enfants en ont marre, nous décidons donc de raccourcir la journée et de nous arrêter au prochain camping, qui est encore à quelques kilomètres. Nous traversons le très joli centre de Soultz-Haut-Rhin et effleurons celui de Guebwiller avant d’atteindre notre destination.

À défaut de piscine, en travaux, les enfants filent aux jeux pendant que Guillaume va faire les courses, et nous nous couchons très tôt !

15 juillet 2018 – Au cœur de l’Alsace viticole, 32 km

Il fait déjà très chaud quand nous nous levons, le pliage du camp nous prend du temps, pour le plus grand plaisir des enfants qui retrouvent aux jeux leurs copains de la veille. Nous pédalons ensuite entre vignes et jolis villages, Cassandre en tête. La route est toute en montées et descentes, c’est un peu difficile, surtout avec la chaleur, mais les paysages en valent la peine.

Les coteaux des Vosges sont plantés de vignes, et les sommets couverts de forêts ; les villages présentent de belles maisons de grès rouge ou à colombages et de nombreuses caves viticoles ; les géraniums fleurissent les fontaines sur les places. Nous nous perdons un peu dans le très joli centre de Rouffach, puis faisons une grande pause à l’abri des tilleuls à Pfaffenheim : ils nous apportent de l’ombre pour notre repas, puis une protection contre quelques gouttes de pluie d’orage.

Nous laissons passer l’orage, mais personne n’a de motivation pour redémarrer… nous décidons donc de nous diriger vers le camping le plus proche, et nous arrivons assez vite à Eguisheim.

Une fois la tente montée, nous descendons visiter le centre ancien du village à pied. Il n’y a personne dans les rues, sauf dans celle où un bar a installé un écran pour retransmettre la finale de la coupe du monde de football masculin professionnel, nous sommes tranquilles pour nous promener. Nous visitons la chapelle romane Saint-Léon IX au très bel intérieur peint, puis nous nous promenons dans les rues aux maisons à colombages.

Devant l’insistance d’Hector, nous finissons par nous mettre en quête d’un restaurant. La plupart sont fermés en ce dimanche soir, nous trouvons toutefois une auberge à la limite du tracé circulaire des anciens remparts, où nous mangeons de très bonnes tartes flambées et spätzle. Nous nous endormons au son des klaxons des fans de foot.

Notre sommeil est gardé par les trois châteaux

16 juillet 2018 : Colmar, 17 km

Les enfants jouent dès leur lever avec nos voisins de tente, Augustin et Nathanaël, deux voyageurs à vélo de l’âge de Cassandre et Hector. Nous enfourchons nos vélos un peu plus tard pour rejoindre Colmar par des pistes cyclables le long des grands axes, nous sommes encore très surpris de voir qu’il y a un itinéraire vélo pour rejoindre chaque ville, c’est très pratique et agréable.

En route pour Colmar

Nous partons explorer le centre-ville à pieds. Après avoir admiré la maison aux cent têtes, nous nous mettons en quête d’un resto attirant, abordable et qui a de la place, ce qui nous prend un peu de temps.

Nous nous baladons encore un peu l’après-midi, surtout dans le quartier de la petite Venise, très agréable avec ses voies d’eau. Nous prenons une glace pour le goûter et faisons les magasins pour acheter à Jason ses premières chaussures, il est ravi.

De retour près des vélos, les enfants se trempent en jouant dans des jets d’eau, par cette chaleur, c’est un vrai plaisir.

Jeux d'eau

Après un deuxième goûter biscuité, nous quittons Colmar par un autre itinéraire, plus loin des grandes routes, et nous faisons une longue pause dans une cave pour déguster du vin bio d’Alsace, et s’en faire envoyer quelques bouteilles. Nous repartons avec une demi-bouteille dans le porte-bidon, que nous partageons le soir avec nos voisins de camping pendant que les enfants font des jeux de société ensemble. Nous partageons aussi nos repas et le kouglof d’anniversaire de Jason, qui reçoit l’aide de Cassandre et Hector pour souffler sa bougie.

Bon anniversaire Jason

De Dignonville à Wittelsheim, à travers les Vosges

Rentrés depuis deux semaines, il est temps de commencer le récit détaillé de ce mois à vélo entre France, Allemagne et Luxembourg 🙂 !

Partis le 7 juillet de Toulouse en voiture, nous ne commençons à pédaler que le 10 juillet, après avoir pris deux jours pour traverser la France en diagonale, et en avoir profité pour rendre visite à la famille.

10 juillet 2018 – Rejoindre et remonter la Moselle, 56 km

Avant de remonter la Moselle, il nous faut l’atteindre, nous pédalons donc dans la campagne vosgienne. Les paysages sont très vallonnés, entre champs de blés et de maïs et petits vergers.

Quand nous rejoignons un axe routier plus important, nous raccrochons Cassandre en follow-me. Les paysages changent petit à petit, les forêts de sapins et de chênes remplacent les champs, les activités humaines changent aussi : nous croisons une scierie, et une filature, flanquée de ses maisons ouvrières : pas de doute, nous sommes bien en Lorraine.

Nous rejoignons la Moselle juste avant la pause pique-nique à Eloyes, et la suivons sur des petites routes jusqu’à Remiremont, où nous poursuivons notre trajet sur la voie verte des Vosges. Cassandre et Hector peuvent avancer tout seul, et nous traversons notre premier rond point cycliste !

Le camping que nous visions est encore loin et l’après-midi bien entamé, nous trouvons par chance un point d’eau, et bivouaquons peu de temps après, dans un pré fauché en bord de Moselle.

Bivouac vosgien

11 juillet 2018 – Mine du Thillot, 23 km

Nous mettons le cap sur Le Thillot, où nous voulons visiter une ancienne mine. Nous pédalons toujours sur une ancienne voie ferrée, en douce montée, au pied des ballons des Vosges, aux sommets arrondis et aux flancs couverts de forêts de sapin.

Dans le piémont vosgien

Les fermes des petits villages ont de grandes portes arrondies, alors que dans les plus gros bourgs nous retrouvons des maisons ouvrières près d’anciennes filatures.

Nous atteignons notre destination en fin de matinée, et prenons le temps de visiter le petit musée dans l’ancienne gare, excellente entrée en matière avant la visite de la mine de cuivre exploitée entre les XVIe et XVIIIe siècles. Après un pique-nique sur la place de la gare, nous commençons la montée pour rejoindre le site, certains passages sont rudes, d’autant plus qu’il fait chaud, l’arrivée se fera en poussant pour l’équipe de Marie et Cassandre. Nous suivons ensuite le parcours de découverte du site : nous pouvons entrer dans certaines galeries, déambuler entre les rejets de stériles ou haldes, et observer des puits ennoyés, tout le monde y trouve son compte.

Nous profitons ensuite de la descente, avant de retourner sur la voie verte. Nous y pédalons seulement quelques kilomètres avant d’atteindre un super camping avec une piscine à toboggan, et des tartes flambées.

12 juillet 2018 – Traversée des Vosges, 60 km

Nous entrons directement dans le vif du sujet : la montée du col du ballon commence à quelques centaines de mètres seulement du camping. C’est parti pour neuf kilomètres, avec une pente régulière de 7 %. Nous faisons des pauses fréquentes pour boire, il fait chaud, et la route n’est pas toujours ombragée. Des cyclistes sans bagages nous doublent régulièrement.

Au bout de six ou sept kilomètres, nous commençons à faire descendre les deux enfants les plus grands, qui marchent à côté de nous, poussent un peu la carriole, et nous encouragent, ou râlent. Après de multiples pauses eau, fruits secs, et poussage, nous arrivons enfin au col, c’est l’heure du pique-nique, le taboulé est prêt.

Les ballons, et la plaine alsacienne

Le sommet du ballon est à un kilomètre à pieds, dans la brume, nous lui préférons une tarte aux myrtilles pour le dessert, assez médiocre malheureusement. Nous nous engageons ensuite dans une très longue descente.

C’est magnifique, la route suit un vallon arboré, propice à la randonnée. La route est en réfection, mais les ouvriers nous laissent heureusement passer (sinon nous aurions dû faire un très long détour). Nous arrivons au lac artificiel d’Alfeld, au milieu de la forêt ; il y a quelques baigneurs, nous serions bien tentés de nous poser là pour le reste de la journée et la nuit, mais nous sommes attendus dans la vallée ce soir, nous nous contentons donc de tremper nos pieds dans l’eau fraîche avant de reprendre la route.

Au bord du lac d'Alfeld

Après quelques lacets très impressionnants, nous longeons le lac naturel de Sewen, aux abords marécageux, puis nous trouvons sans nous y attendre la véloroute des berges de la Doller : une ancienne voie de chemin de fer qui nous permet d’avaler les kilomètres en pente douce sans effort, malgré un petit vent de face. Les villages aux noms alsaciens défilent, et nous avons même la surprise de voir une première cigogne à notre arrivée dans la plaine.

Après la pause goûter, nous quittons la véloroute à Burnhaupt-le-Haut, et suivons le tracé proposé par Google Maps pour rejoindre Wittelsheim. Il fait chaud, il commence à être tard et nous avons déjà une belle journée de vélo dernière nous, les derniers kilomètres sur des petites routes ou des pistes cyclables nous paraissent très longs.

À travers maïs après une longue journée de vélo

Nous arrivons enfin chez Alice et Benoît, nous sommes accueillis par le chien et une bière fraîche, et nous passons une super soirée tous ensemble, avec un repas et un coucher tardif.

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